| par Geert W. Lorein, professeur en Ancien Testament, ETF Leuven (Louvain), Belgique |
Résumé par l’IA Euria (https://news.infomaniak.com/euria-assistant-ia-souverain/).
Cet article explore la littérature intertestamentaire — écrite entre le IVe siècle av. J.-C. et la seconde moitié du Ier siècle apr. J.-C. —, non canonique mais essentielle pour comprendre le contexte juif du Nouveau Testament. Elle n’appartient pas à la Bible protestante (qui suit la Hebraica veritas de Jérôme), mais reflète les interprétations de l’Ancien Testament avant le christianisme. Trois thèmes y sont analysés : la Création, le rôle de la femme, et l’homosexualité.
Sur la Création, les textes affirment une création ex nihilo, souveraine et par la parole divine, renforçant la divinité de Christ (1 Co 8,6). Pour la femme, les vues sont nuancées : si certains textes (comme le Testament de Ruben) sont négatifs, d’autres (Sirach, Tobit, Judith) reconnaissent sa piété, son rôle spirituel et son importance dans le mariage, bien que les relations restent inégales. Enfin, sur l’homosexualité, les textes la condamnent comme contre-nature, souvent liée à l’adultère ou à l’iniquité, sans distinction claire entre homosexualité et pédérastie, et dans un contexte hellénistique où elle était connue mais rejetée.
Ces écrits, bien qu’imparfaits et parfois ambigus, offrent un éclairage historique et théologique précieux pour comprendre le monde du Nouveau Testament — sans être eux-mêmes autoritatifs pour les protestants évangéliques.
Introduction
Cet article1 Cet article est basé sur une conférence tenue à Kyev le
10 novembre 2018, à l’occasion de la présentation de l’édition russe de
la « Théologie de l’Ancien Testament » de H. Koorevaar et M.-J. Paul,
sous dir., Theologie van het Oude Testament. De blijvende boodschap
van de Hebreeuwse Bijbel, Zoetermeer, Boekencentrum, 2013
(Богословие Ветхого Завета, Cherkasy, Colloquium, 2018 ;
édition allemande : Theologie des Alten Testaments. Die bleibende
Botschaft der hebräischen Bibel, Gießen, Brunnen, 2016). Elle
résumait d’une part quelques éléments de la contribution de l’auteur à
cet ouvrage et en élaborait des points spécifiques d’autre part.
L’élaboration de l’idée de la présenter à un public francophone a pris
un peu plus de temps que prévu… Remerciements à Xavier Oberneck pour son
assistance au niveau de la langue française.
donne une introduction à l’essence de la littérature de la période intertestamentaire en général et traite ensuite trois sujets avec une certaine importance dans les discussions d’aujourd’hui.
Pourquoi avons-nous une « période intertestamentaire » ? Parce qu’à un moment donné l’Ancien Testament se termine. En tant que chrétiens protestants évangéliques, nous croyons en un canon, un canon fermé et, pour l’Ancien Testament, aussi un canon plus limité que dans d’autres traditions chrétiennes.
1. Un canon
Qu’est-ce que cela signifie que nous considérons certains écrits comme « canoniques » ?
1) Dieu s’est révélé lui-même2 F.V. Reiterer, « Ein unkonventioneller Umgang mit der biblischen Autorität. Siras Art in hellenistischer Umgebung aus seiner Bibel zu denken und zu sprechen », in I. Kalimi, T. Nicklas et G.G. Xeravits, sous dir., Scriptural Authority in Early Judaism and Ancient Christianity, Deuterocanonical and Cognate Literature Studies XVI, Berlin, de Gruyter, 2013, pp. 129-166 (142 !)..
2) Nous pouvons supposer que les auteurs bibliques étaient conscients d’un état spécifique d’inspiration3 Sans qu’ils se dissent : « Écrivons ce matin quelques pages d’Écriture »..
3) Malgré l’importance de la phase de transmission orale4 E. Lipiński, Semitic Linguistics in Historical Perspective, OLA CCXXX, Leuven, Peeters, 2014, p. 30 : « spoken languages, of which writing is only a subsequent and imperfect representation ». A.R. Millard, « Writing and Prophecy », in M.J. Boda et J.G. McConville, sous dir., Dictionary of the Old Testament Prophets, Downers Grove, IVP, 2012, pp. 883-888 (887 !) : « Ancient… texts… were written in order to be read, sooner or later, and reading was done aloud ». Cf. le rôle de Phœbé pour la transmission de la Lettre aux Romains à l’Église à Rome : A. Chapple, « Getting Romans to the Right Romans: Phoebe and the Delivery of Paul’s Letter », Tyndale Bulletin LXII (2011), pp. 195-214., la mise par écrit est essentielle. Cette rédaction du livre biblique est rarement effectuée par la personne principale de ce livre. À partir du moment de cette rédaction nous pouvons parler d’un texte5 P.D. Wegner, « Current Trends in Old Testament Textual Criticism », Bulletin for Biblical Research XXIII (2013), pp. 461-480 (462 !).. Cela a été écrit – « Les Écritures sont la Parole préservée, généralisée et éternisée6 « Schrift is het verduurzaamde, gegeneraliseerde en geaeterniseerde woord ». H. Bavinck, Gereformeerde dogmatiek I, Kampen, Kok, 1918³, p. 397. » – (même partiellement par Dieu lui-même : Ex 34,1)7 Reiterer, op. cit. (n. 2), pp. 130-131, A. van der Kooij, « The Canonization of Ancient Books Kept in the Temple of Jerusalem », in Id. et K. van der Toorn, sous dir., Canonization and Decanonization, Studies in the History of Religion LXXXII, Leiden, Brill, 1998, pp. 17-40 (38 !).,8 Ceci implique que les Écritures le fassent d’une manière suffisante : Reiterer, op. cit. (n. 2), pp. 132-133, parle de « Vollständigkeit der Verschriftung » (cf. sa p. 142 sur le caractère écrit, la complétude et la valeur – Schriftlichkeit, Vollständigkeit, Wert). ;
4)… et consigné de manière sûre au Temple9 Reiterer, op. cit. (n. 2), pp. 132, 142 ; Van der Kooij, op. cit. (n. 7), pp. 34-35, 37. (à l’origine dans le Tabernacle : Dt 17,18 ; 31,24-2610 Reiterer, op. cit. (n. 2), pp. 132-133 ; Wegner, op. cit. (n. 5), p. 462 ; D. Jongkind, https ://foclonline.org/short-talk/understanding-times-theology-textual-transmission, (consulté le 30 juin 2025).)11 Les pharisiens ne l’ont pas inventé : comment auraient-ils pu ? A.S. van der Woude, « Pluriformity and Uniformity. Reflections on the Transmission of the Text of the Old Testament », in J.N. Bremmer et F. García Martínez, sous dir., Sacred History and Sacred Texts in Early Judaism, CBET V, Kampen, Kok, 1992, pp. 151-169 (162 !)..
5) La formulation précise est importante pour la tradition12 Reiterer, op. cit. (n. 2), pp. 131-133, 138-139, 142, 161. Même à Qumrân, où on constate une certaine facilité concernant l’exactitude des textes ; néanmoins, pour les manuscrits les plus officiels, on est proche du texte massorétique (comme dans les manuscrits venant d’autres localités du désert de Judée) : E. Tov, « ‘Luxury Scrolls’ from the Judean Desert », in G.S. Oegema, H.W. Morisada Rietz et L.T. Stuckenbruck, sous dir., Fountains of Wisdom (Fs. J.H. Charlesworth), London, T & T Clark, 2022, pp. 421-432. Cf. le paragraphe .
6) C’est autre chose que des faits recopiés à l’aveugle : toutefois, c’est l’application de la révélation qui est essentielle13 G.W. Lorein, « De verhouding tussen aannemer en bewoners tijdens verbouwingswerken. Leiders en gemeenschap in Ezra 7 – Nehemia 13 », in P. Boersema, J. Hoek, M.-J. Paul et Maria Verhoeff, sous dir., Gezag in beweging. Kerkelijk leiderschap tussen tekst en context, Heerenveen, Protestantse Pers, 2008, pp. 144-157 (148-149 !). – la Parole est écrite dans nos cœurs (Jr 31,33).
7) Toutes les autres directions que nous pensons ressentir doivent avoir leur place dans le cadre de la sola Scriptura14 D.J. Courey, What Has Wittenberg to Do with Azusa? Luther’s Theology of the Cross and Pentecostal Triumphalism, London, Bloomsbury T & T Clark, 2015, pp. 217-225. N. Blough, « Luther et les Réformes radicales », Théologie évangélique XVI (2017), pp. 84-102, discute la résistance de la Réforme radicale contre ce principe : alors que Luther voulait d’abord, il est vrai, que des théologiens enseignent, mais que les fidèles évaluent l’enseignement (pp. 91-92), il doit faire marche arrière (p. 101) quand il remarque que la Réforme radicale considère le principe de sola Scriptura comme un truc pour garder la population illettrée sous l’emprise des prédicateurs qui ont étudié et qu’elle part du principe que Dieu peut parler de manière directe à chacun (p. 96)..
2. Un canon fermé
La reconnaissance d’écrits inspirés n’a pas été sans fin. À un certain moment, elle s’est arrêtée. Zacharie 13,2-6 prédit la cessation des prophéties, mais sans mentionner un moment précis dans le temps. La littérature deutérocanonique considère l’Ancien Testament dans son ensemble15 Reiterer, op. cit. (n. 2), pp. 142-143.. La Règle de la Communauté de Qumrân16 1QS ix 11. confirme en 105 av. J.-C. que dans ces jours-là, aucun prophète n’était reconnu17 Dana M. Pike, « The Word of the Lord and the Teacher of Righteousness in the Qumran Texts », in D.W. Parry, S.D. Ricks et A.C. Skinner, sous dir., The Prophetic Voice at Qumran, Studies on the Texts of the Desert of Judah CXX, Leiden, Brill, 2017, pp. 97-114 (98, 112 !) : Le Maître de la Justice possède des idées divinement inspirées dans les anciennes prophéties, mais il n’a pas prononcé de nouvelles prophéties ; la communauté Qumrân reconnaît les anciens prophètes et attend l’apparition imminente d’un prophète eschatologique. Cf., cependant, Flavius Josèphe, Bellum II, p. 159.. Le phénomène des écrits pseudépigraphiques peut être considéré comme un témoignage de la cessation de l’inspiration18 P.J. Gentry et A.M. Fountain, « Reassessing Jude’s Use of Enochic Traditions », in Tyndale Bulletin LXVIII (2017), pp. 261-286 (277 !).. On peut penser au IVe siècle av. J.-C. pour la clôture du canon.
3. Hebraica veritas
Il y a donc un canon et il n’est pas sans fin, mais où sont ses fins19 Une autre question qui est souvent traitée sur les mêmes pages que la canonicité, concerne l’ordre des livres canoniques, mais en soi, cet ordre n’est pas canonique. Cf. G.W. Lorein, « The Latin Versions of the Old Testament from Jerome to the Editio Clementina », in Alberdina Houtman, Eveline van Staalduine-Sulman et H.-M. Kirn, sous dir., A Jewish Targum in a Christian World, Jewish and Christian Perspectives XXVII, Leiden, Brill, 2014, pp. 125-145 (137-138 !). Pour une défense récente d’un ordre « chrétien », voir G.L. Cockerill, « « Prophets and Apostles ». The Arrangement of the Old Testament Canon and the Theological Interpretation of Scripture », Journal of the Evangelical Theological Society LXIV (2021), pp. 433-451. Dès le moment que le texte était compris dans un seul volume (Bible de Paris), l’ordre s’est stabilisé. ? Dans la vision protestante, cela implique quelque chose dont Jérôme s’est rendu compte peu avant l’an 390 : la Hebraica veritas, probablement en comprenant les différences qu’il a vues entre le latin et le grec, ce qui l’a amené à reconnaître les différences entre le texte hébreu et la traduction grecque et, par conséquence, la priorité de l’hébreu20 Lorein, op. cit. (n. 19), p. 126 ; A. Kamesar, Jerome, Greek Scholarship, and the Hebrew Bible. A Study of the Questiones Hebraicae in Genesim, Oxford, Clarendon, 1993, pp. 43, 46.. Ceci l’a amené à considérer Sagesse, Sirach, Baruch (y compris l’Épître de Jérémie), Judith, Tobit, I et II Maccabées comme apocryphes21 « Inter apocrifa seponendum » (Prologus galeatus l. 54, éds Weber et Gryson). Voir aussi Lorein, op. cit. (n. 19), p. 135. Jérôme a bien traduit des livres et des chapitres deutérocanoniques, répondant à contrecœur aux exigences, mais d’une manière beaucoup plus libre que les livres canoniques, et il les plaça à un endroit distinct (Lorein, ibid.). Pour Judith, voir Barbara Schmitz, « ΙΟΥΔΙΘ und Iudith. Überlegungen zum Verhältnis der Judit-Erzählung in der LXX und der Vulgata », in J. Cook et H.-J. Stipp, sous dir., Text-Critical and Hermeneutical Studies in the Septuagint, VT Sup CLVII, Leiden, Brill, 2012, pp. 359-379..
En d’autres termes : aucun des écrits que nous citerons dans cet article n’a été accepté comme canonique par Jérôme. Ce que Jérôme appelait « apocryphe » est maintenant souvent appelé « deutérocanonique », afin de les distinguer des écrits qui sont encore plus éloignés du canon. Dans les codex chrétiens, les écrits deutérocanoniques n’apparaissent pas de manière conséquente. Cette variation indique leur caractère non canonique ; c’est juste une compilation de livres intéressants.
L’Église orthodoxe byzantine a voté un plus grand canon en 692 et en 1672 (après une tentative de « réforme »), mais a récemment (au moins dans le sens ecclésiastique du mot – c’était en 1973) fait une distinction entre livres inspirés et les autres22 H. Blocher, « Utiles ou nocifs ? Les « Apocryphes » et la théologie évangélique », Théologie évangélique III (2004), pp. 253-270 (259 !).. Leur canon vétérotestamentaire comprend I Esdras, Tobit, Judith, les Additions d’Esther et de Daniel, I-III Maccabées, Psaume 151, Baruch et l’Épître de Jérémie23 L.M. McDonald, The Biblical Canon. Its Origin, Transmission, and Authority, Peabody, Hendrickson, 2007², pp. 443-444..
Pendant le Concile de Trente, l’Église catholique romaine a accepté le 08 avril 1546 – après une longue discussion où le résultat n’était clair qu’à la toute fin – que la plupart des livres traduits par Jérôme sont canoniques24 Lorein, op. cit. (n. 19), p. 136.. Plus tard, en 1566, la catégorie « deutérocanonique » a été créée pour les livres que Jérôme n’a pas considérés comme « canoniques ».
Ces livres deutérocanoniques ont été acceptés dans la section « Apocryphe » de la Bible King James ; aucun d’entre eux n’a été accepté comme canonique, une décision qui a été suivie dans le reste des Églises de la Réforme. Ils ont disparu en 1825 dans les éditions de la British and Foreign Bible Society pour des raisons financières et dogmatiques25 Seulement ces derniers sont cités dans D.W. Bebbington, Evangelicalism in Modern Britain. A History from the 1730s to the 1980s, London, Unwin Hyman, 1989, pp. 87-88..
4. Implications
Tout cela implique que la littérature intertestamentaire :
– n’est pas canonique,
– a une certaine relation avec l’Ancien Testament
– et a une origine qui date d’avant le Nouveau Testament (c.-à-d. pas nécessairement avant les événements décrits dans le NT, mais avant sa rédaction, afin d’éviter qu’elle ne soit influencée par le christianisme).
En bref : nous parlons de la période entre la rédaction du dernier livre de l’Ancien Testament et la rédaction du premier livre du Nouveau Testament, c’est-à-dire du IVe siècle av. J.-C. jusqu’à quelque part dans la seconde moitié du Ier siècle apr. J.-C. Cela donne de la place au Targum, mais pas aux Apocryphes vétérotestamentaires très tardifs, ni aux écrits rabbiniques26 Nous mentionnerons toutefois quelques éléments des écrits rabbiniques qui ont leur origine dans la période intertestamentaire..
Bien que ces écrits n’appartiennent pas à la Bible, ils sont néanmoins une source importante pour nous : les écrits juifs de cette période nous montrent les premières interprétations de l’Ancien Testament27 Du moins en dehors de l’AT. et constituent l’arrière-plan le plus important du Nouveau Testament, aussi bien théologiquement qu’historiquement. Pour comprendre le Nouveau Testament, nous ne pouvons pas aller directement à l’Ancien Testament sans tenir compte de « la relecture de la Bible par le judaïsme antique »28 J. Ribera-Florit, « El perdó i la reconciliació en el període intertestamentari i en el Targum dels Profetes », in A. Puig i Tàrrech, sous dir., Perdó i Reconciliació en la Tradició jueva, Scripta Biblica IV, [Barcelona], Associació Bíblica de Catalunya et Abadia de Montserrat, 2002, pp. 197-207 (206 !) : « la relectura que el judaisme antic ha fet de la Bíblia »..
Enfin, nous devons nous rendre compte que normalement nous ne voulons pas étudier ces textes pour eux-mêmes, mais pour connaître l’histoire intertestamentaire, et plus particulièrement l’histoire de ses idées. Ici se pose la question de la transition des écrits à l’histoire. Dans quelle mesure ces écrits représentent le courant dominant de la période intertestamentaire ? Si on est trop critique sur ce point, il faut faire attention de ne pas finir avec un individualisme complet ou même l’agnosticisme, en disant : « Deux personnes ne pensent pas pareil, même pas une seule personne ». Mieux vaut reconnaître que ces écrits fonctionnaient au sein de groupes : sinon ils ne seraient jamais venus à nous29 Cf. J.S. Anderson, « From ‘Communities of Texts’ to Religious Communities: Problems and Pitfalls », in G. Boccaccini, sous dir., Enoch and Qumran Origins. New Light on a Forgotten Connection, Grand Rapids, Eerdmans, 2005, pp. 351-355 (353-354 !)..
Récapitulons. Pourquoi cette catégorie d’écrits est-elle si importante ? Parce qu’ils nous aident à comprendre comment l’Ancien Testament a été compris à l’époque du Nouveau Testament : la pensée juive avant l’interaction avec le christianisme.
Voyons maintenant trois thèmes à la lumière de ces écrits à titre d’exemples : la Création, le rôle de la femme et l’homosexualité.
I. Le thème de la Création dans les écrits intertestamentaires
Comment le sujet de la Création est-il traité dans les écrits intertestamentaires ? Quelques aspects sont accentués : Dieu a créé de façon souveraine, à partir de rien et cela a des conséquences pour le croyant.
1. De façon souveraine
Dieu a créé le monde d’une manière entièrement souveraine, comme il est dit dans les Hymnes de Qumrân30 1QH ix 15-17, olim i 13-15. : « par Ta force… par Ta sagesse31 Cf. Sagesse de Salomon 9,1-2 (F.V. Reiterer, « Dimensionen der Schöpfung in der deuterokanonischen Literatur », Sacra Scripta VII (2009), pp. 169-198 (189 !).… selon Ton désir »32 Nous voyons Dieu comme Créateur aussi dans Sirach 43.33 ; IV Esdras 6,6.. La souveraineté de Dieu est également soulignée à d’autres endroits où l’on parle de la création33 T.J. Kraus, « «… Who Created Everything by a Word! » Creation and Creator in the Oracula Sibyllina », in T. Nicklas et Korinna Zamfir, sous dir., Theologies of Creation in Early Judaism and Ancient Christianity, Fs. H. Klein, Deuterocanonical and Cognate Literature St. VI, Berlin, De Gruyter, 2010, pp. 179-199 (184 !) ; Barbara Schmitz, « Geschaffen aus dem Nichts ? Die Funktion der Rede von der Schöpfung im Zweiten Makkabäerbuch », in Nicklas et Zamfir, o.c., pp. 61-79 (62, 75-77 !) ; Daniela Scialabba, Creation and Salvation. Models of Relationship Between the God of Israel and the Nations in the Book of Jonah, in Psalm 33 (MT and LXX) and in the Novel « Joseph and Aseneth », Forschungen zum Alten Testament 2 CVI, Tübingen, Mohr, 2019, p. 247. Voir encore IV Esdras 3,4.. Cela implique que, lorsque Jésus-Christ est décrit dans le Nouveau Testament participant à la Création (1 Co 8,6), cela rend clair aux lecteurs qu’Il est Dieu.
Flavius Josèphe écrit en Contra Apionem II 192, peu après l’année 100 de notre ère.
Ceux-ci [lumière, cieux, terre, soleil, eau, animaux, récoltes] Dieu les a faits non pas avec des mains, ni avec des douleurs, ne nécessitant aucuns assistants, mais parce qu’Il l’a voulu, ils furent bien constitués immédiatement34 Ταῦτα θεὸς ἐποίησεν οὐ χερσὶν οὐ πόνοις οὔ τινων συνεργασομένων ἐπιδεηθείς, ἀλλ᾽ αὐτοῦ θελήσαντος καλῶς ἦν εὐθὺς γεγονότα. Cf. R. Bauckham, Jesus and the God of Israel, Milton Keynes, Paternoster, 2008, p. 102. Voir également Jubilés 2,7, 11, où la création directe par Dieu est soulignée, en évitant les expressions potentiellement ambiguës : « Que la terre produise » (Gn 2,11.24) et « Que l’eau pullule » (Gn 2,20), comme J. Vanderkam, « Genesis 1 in the Book of Jubilees », Zeitschrift für Antikes Christentum XXVI (2022), pp. 8-24 (21-22 !), le fait remarquer..
2. À partir de rien
Dieu créa à partir de rien, nous le lisons en II Maccabées 7,28 (rédigé à Alexandrie, en 124 av. J.-C.).
Je te demande, mon enfant, de reconnaître, en regardant vers le ciel et la terre et en voyant toutes les choses qui sont dedans, que Dieu ne les a pas faites de choses qui existaient (déjà)35 Ἀξιῶ σε, τέκνον, ἀναβλέψαντα εἰς τὸν οὐρανὸν καὶ τὴν γῆν καὶ τὰ ἐν αὐτοῖς πάντα ἰδόντα γνῶναι ὅτι οὐκ ἐξ ὄντων ἐποίησεν αὐτὰ ὁ θεός, καὶ τὸ τῶν ἀνθρώπων γένος οὕτω γίνεται. D.R. Schwartz, 2 Maccabees, CEJL, Berlin, Walter de Gruyter, 2008, p. 312. Pour la leçon οὐκ ἐξ ὄντων voir G. Schuttermayr, « « Schöpfung aus dem Nichts » in 2 Makk 7, 28 ? Zum Verhältnis von Position und Bedeutung », Biblische Zeitschrift XVII (1973), pp. 203-228 (203-208, 222-223, 225 !). Cf. Joseph & Aseneth 12,2..
Dieu le fit par Sa parole (Sagesse de Salomon 9,1)36 Cf. Jubilés 12,4 ; Oracula Sibyllina I 19 ; III 20 ; IV Esdras 6,38b, 43 ; 4Q381 (apPsb) fr. 1 3 ; 4Q422 (parGenEx) i 6 (en tout cas selon la lecture de J.D. Lyon, The Genesis Creation Account in the Dead Sea Scrolls, Eugene, Pickwick, 2019, p. 84). Certains auteurs font également référence à Sirach 43,10 et à 4Q403 fr. 1 33-36, mais ces textes décrivent plutôt le maintien de la Création. – Il parla, et la chose existe (Judith 16,14). Il n’eut besoin de rien ni personne pour cela (Jubilés 2,16 ; Sirach 42,21)37 Cf. Oracula Sibyllina III 11-14 ; Vanderkam, op. cit. (n. 34), pp. 17-22 ; F.V. Reiterer, « « Alles hat nämlich der Herr gemacht » – Das Telos der Schöpfung bei Ben Sira », in Nicklas et Zamfir, op. cit. (n. 33), pp. 95-136 (133 !) ; Kraus, op. cit. (n. 33), pp. 184, 186 ; Schmitz, op. cit. (n. 33), p. 64.. Nous citons Judith 16,14, écrit en Judée vers 150 av. J.-C.
Que toute Ta création te serve, puisque Tu parlas, et elles38 Apparemment « Tes créatures » (le grec n’est pas totalement cohérent). se constituèrent39 Σοὶ δουλευσάτω πᾶσα ἡ κτίσις σου, ὅτι εἶπας, καὶ ἐγενήθησαν. Bien évidemment, ces derniers mots figurent également en Ps 33,8-9 (lxx 32,8-9) et Ps 148,5, mais ils sont quand même intégrés dans le texte de Judith. Cf. Reiterer, op. cit. (n. 31), pp. 187-189, 197 ; Barbara Schmitz, « « Dir soll Deine ganze Schöpfung dienen » (Jdt 16,14). Schöpfungstheologie im Buch Judith », in Nicklas et Zamfir, op. cit. (n. 33), pp. 51-59 (57 !). Cf. Oracula Sibyllina I 8-9 ; IV Esdras 6,38a ; cf. Sagesse de Salomon 11,25..
Philon d’Alexandrie (entre 20 av. J.-C. et 50 apr. J.-C.) semble discerner deux phases dans la Création40 Voir p. ex. De legibus specialibus IV 187 ; cf. M. Bockmuehl, « Creatio ex nihilo in Palestinian Judaism and Early Christianity », Scottish Journal of Theology LXV (2012), pp. 253-270 (255 !). : la création de matière informe à partir de rien et la création de toutes choses à partir de cette matière informe41 Cf. pour cette phase Sagesse de Salomon 11,17 et Reiterer, op. cit. (n. 31), p. 186.. Deux remarques doivent être faites ici : (a) « rien » signifie vraiment « rien », et non pas une unité philosophique42 Reiterer, op. cit. (n. 31), pp. 169-198 (186, 196 !). – « il n’y a qu’un seul Dieu, le Père, de qui viennent toutes choses […] et un seul Seigneur, Jésus-Christ, par qui tout existe » comme le dit 1 Corinthiens 8,643 H. Blocher, Rec. Lytta Basset, « Oser la bienveillance », Paris, Albin Michel, 2014, 426 pages, Théologie évangélique XIII (2014), pp. 90-101 (96 !) ; cf. Rm 11,36. ; (b) même lorsque nous pourrions discerner deux phases, Philon les mentionne en un mouvement unique44 Philo, De somniis I 76 (οὐ δημιουργὸς μόνον ἀλλὰ καὶ κτίστης αὐτὸς ὤν) ; De specialibus legibus IV 187 (τὰ γὰρ μὴ ὄντα ἐκάλεσεν εἰς τὸ εἶναι τάξιν ἐξ ἀταξίας). Est-ce que Philon situait la Création dans un seul moment (au lieu de six jours) ? Voir F.E. Brenk, « Philo and Plutarch on the Nature of God », in D.T. Runia et G.E. Sterling, sous dir., The Studia Philonica Annual XXVI. Studies in Hellenistic Judaism, Atlanta, SBL, 2014, pp. 79-92, mais il faudrait quand même vérifier les endroits cités (comme d’habitude). Nous trouvons à peu près la même expression chez Philon, De decalogo 111 ; De specialibus legibus II 225. Là il ne s’agit cependant pas de création, mais de procréation, ce qui est aussi un grand miracle, mais donne un autre sens à l’expression..
Le mode spécifique de la création de l’homme mentionné en Gn 2,7 est repris en Sirach (entre 190 et 180 av. J.-C., Jérusalem) 17,1 : « Le Seigneur a construit l’homme de terre45 Κύριος ἔκτισεν ἐκ γῆς ἄνθρωπον. ». Plus de détails sont donnés en Jubilés 2,1-16 et IV Esdras 6,38-54 : la Création y est décrite jour par jour46 Le problème de la longueur de ces jours n’est pas traité. En effet, force est de constater qu’aussi longtemps que le soleil ne fonctionne pas, on ne peut pas parler de temps dans nos termes ; il est toutefois clair qu’il s’agit de laps de temps limités, surtout dans la lumière d’Ex 20,8-11 (V.S. Poythress, « Time in Genesis 1 », Westminster Theological Journal LXXIX (2017), pp. 213-241 (213-216, 223 !) ; W. Hilbrands, « Die Länge der Schöpfungstage. Eine exegetische und rezeptionsgeschichtliche Untersuchung von יוֹם (‘Tag’) in Gen 1,1–2,3 », Biblische Notizen CXLIX (2011), pp. 3-12) ; on retrouve ce rythme en Jubilés 2,1, 17., avec des variantes vis-à-vis du récit biblique, mais sans quitter la doctrine de la Création.
3. Avec des conséquences
La Création n’est pas seulement un élément historique, mais a des conséquences pour la vie quotidienne du croyant, par rapport à ceux qui pensent qu’ils sont puissants, afin de savoir qui doit être servi47 Remarquez l’importance de l’élément κτισ- pour opposer Dieu, le Créateur, aux rois hellénistiques qui étaient appelés κτίστης de villes spécifiques. Voir en particulier Judith 9,12 (Schmitz, op. cit. (n. 39), pp. 54-56 ; Ead., op. cit. (n. 68), pp. 65-68)., et donne l’espoir de la résurrection : II Maccabées 7,2348 Schmitz, op. cit. (n. 33), pp. 73-74, 77, accentue la relation des deux doctrines (cf. Rm 4,17) : « Wenn aus Tot Leben wird, dann ist Seiendes auch aus nicht Seiendem entstanden » (p. 74) ; « Schöpfung und Auferstehung sind zwei Paradoxa, die darauf zielen, von Gottes Allmacht und Souveränität zu erzählen – gerade vor den als übergriffig erfahrenen Machtansprüchen hellenistischer Herrscher » (p. 77). G.W. Lorein, « The Maccabees’ motives. What caused believers to maintain their identity in a time of crisis », in R. Lilleaasen et C. Sauer, sous dir., Religious Persecution. Perspectives from Theology and Missiology, Christians under Pressure. Studies in Discrimination and Persecution III, Bonn, VKW, 2025, pp. 93-114 (103-104 !)..
Voilà donc pourquoi le Fondateur du monde qui a formé49 Même verbe qu’en Gn 2,7. la genèse50 La répétition de γένεσιν semble étrange ; faudrait-il appliquer une conjecture γένος (cf. J.T. Nelis, II Makkabeeën, BOT, Bussum, Romen, 1975, p. 171) ? de l’homme51 Dans le sens d’« être humain ». et qui a imaginé52 Pas « découvrir » comme R. Doran, 2 Maccabees, Hermeneia, Minneapolis, Fortress, 2012, p. 160, le fait correctement remarquer ! la genèse de tous53 Plutôt génitif pluriel masculin que neutre, puisque partout dans ces versets il s’agit de l’humanité, et pas d’autres parties de la Création. Autrement F.-M. Abel, Les livres des Maccabées, EB, Paris, Gabalda, 1949, p. 377., restaurera pour vous et l’esprit et la vie pour vous, avec de la compassion, même si maintenant vous les méprisez à cause de ses lois54 Τοιγαροῦν ὁ τοῦ κόσμου κτίστης ὁ πλάσας ἀνθρώπου γένεσιν καὶ πάντων ἐξευρὼν γένεσιν καὶ τὸ πνεῦμα καὶ τὴν ζωὴν ὑμῖν πάλιν ἀποδίδωσιν μετʼ ἐλέους, ὡς νῦν ὑπερορᾶτε ἑαυτοὺς διὰ τοὺς αὐτοῦ νόμους..
4. Conclusion de cette section
Attention : tout cela est dit dans un contexte où des opinions différentes sur l’origine du monde étaient d’actualité dans la société. Il y a, par exemple, Plutarque qui dit explicitement : « la genèse n’est pas à partir du non-étant55 Plutarque, De animae procreatione 1014b : οὐ γὰρ ἐκ τοῦ μὴ ὄντος ἡ γένεσις. », et Lucrèce, pour donner un exemple en latin, qui dit : « qu’aucune chose n’a jamais été engendrée divinement à partir de rien56 Lucrèce, De rerum natura I 150 (où le mot divinitus mettait bien évidemment tout croyant en garde) : nullam rem e nihilo gigni divinitus umquam. »57 Cf. Bockmuehl, op. cit. (n. 40), pp. 254, 256, 270.. Il aurait donc été possible de dire que le récit de la Création biblique devait être compris d’une manière philosophique58 Cf. J.C. VanderKam, « Made to Order: Creation in Jubilees », in L. Jenott et Sarit Kattan Gribetz, sous dir., Jewish and Christian Cosmogony in Late Antiquity, TSAJ CLV, Tübingen, Mohr Siebeck, 2013, pp. 23-38 (35-36, 38 !). Pour l’aspect philosophique : Janet Soskice, Naming God. Addressing the Divine in Philosophy, Theology and Scripture, Cambridge, UP, 2023, pp. 74-82.. Cela s’applique en particulier aux textes comme les Oracles sibyllins, qui se voulaient fonctionner dans un environnement hellénistique, mais ils se tiennent aux mêmes idées que les autres écrits intertestamentaires. La littérature intertestamentaire est donc une confirmation de la lecture plus ou moins littérale du livre de la Genèse.
II. La position de la femme dans les écrits intertestamentaires
Nous avons facilement l’impression qu’il y avait peu de place pour les femmes dans la théologie intertestamentaire, et en effet, le Testament de Ruben 5,1 (au milieu du Ier siècle av. J.-C., Égypte) nous enseigne : « Les femmes sont mauvaises59 Πονηραί εἰσιν αἱ γυναῖκες. » (accompagné de toute une élaboration de ce principe de base). Néanmoins, il y a plus à dire.
1. La vie spirituelle de la femme
Nous commençons avec la vie spirituelle de la femme. Elle peut être pieuse, craignant le Seigneur : Sirach 26,23b, 25b60 Avec les contreparties dans l’autre moitié de ces deux versets..
Une (femme) pieuse est donnée à qui craint le Seigneur.
La femme ayant de la pudeur craindra le Seigneur61 (Γυνὴ) εὐσεβὴς δὲ δίδοται τῷ φοβουμένῳ τὸν Κύριον. Ἡ δὲ (γυνὴ) ἔχουσα αἰσχύνην τὸν Κύριον φοβηθήσεται..
Elle a une responsabilité vis-à-vis de la Torah (Sirach 23,23, là d’un point de vue négatif), mais c’est surtout dans sa vie personnelle : en effet, sa qualité de croyante n’est pas mentionnée comme condition pour le choix d’une épouse62 M. Gilbert, « Ben Sira et la femme », Revue théologique de Louvain VII (1976), pp. 426-442 (442 !).. Sara (la future épouse de Tobie) peut prier de la même façon que Tobie (Tobit 3,11-15)63 Voir Tobit 10.13 pour sa mère, Edna.. Judith 9 nous offre une longue prière et Judith 16,1-17 de la louange (peut-être pas une prière dans le sens technique, mais de nouveau avec beaucoup de théologie). En II Maccabées 3,2064 Cf. IV Maccabées 4.9. toutes les femmes prient. En Liber Antiquitatum Biblicarum 31,5 nous trouvons une prière de Yaël, non mentionnée en Juges 4, ainsi qu’en Liber Antiquitatum Biblicarum 42,2 d’Éluma (femme de Manoa), non mentionnée en Juges 13. Éluma obtient une réponse (v. 3) ; et même une visite répétée (v. 6). La prière des femmes, bien qu’étant beaucoup plus importante dans les textes de tendance pharisienne, n’est pas totalement absente dans les textes esséniens : voir Jubilés 25,11-13,15, où Rebecca loue l’Éternel. Quant à la prophétie, les femmes y participent également selon Liber Antiquitatum Biblicarum 4,8 (Melcha) et 9,10 (songe de Myriam).
2. Épouser une femme convenable
Dans le Testament de Ruben 6,1-3, nous trouvons une attitude négative également quant au mariage.
Et si vous voulez vous conserver purs en pensée, gardez les sens de toute féminine65 Kαὶ εἰ θέλετε καθαρεύειν τῇ διανοίᾳ, φυλάσσετε τὰς αἰσθήσεις ἀπὸ πάσης θηλείας..
Le texte de Sirach a été mis dans la même catégorie, mais à tort : en effet, il faut éviter de se marier avec une femme qui ne convient pas, mais c’est autre chose de dire que la femme est mauvaise tout court66 Cf. 4Q271 fr. 3 8 : le fait que, si on donne sa fille en mariage, il faut mentionner tous les défauts, implique-t-il une attitude négative vis-à-vis d’une femme ou une honnêteté générale ?. La femme peut être le soutien de son mari (Sirach 36,24) et source de son bonheur (Sirach 26,1-2, 4)67 Selon J. Ribera-Florit, « Visió jueva sobre el matrimoni, celibat, divorci i adulteri a l’època intertestamentària », in A. Puig i Tàrrech, sous dir., El matrimoni i l’ús dels béns en la Bíblia, Scripta Biblica VIII, Tarragona (Associació bíblica de Catalunya) 2008, pp. 175-184 (182 !), cette tendance favorable au mariage était la tendance dominante.. Nous citons Sirach 36,24.
Celui qui acquiert une femme, met la base pour (sa) propriété, une aide à côté de lui et un soutien de repos68 Ὁ κτώμενος γυναῖκα ἐνάρχεται κτήσεως, βοηθὸν κατʼ αὐτὸν καὶ στῦλον ἀναπαύσεως..
Il faut donc trouver une femme de bon caractère – je ne dirais pas « spirituelle » ! – (Sirach 25,13-26 ; 26,1-4, 6-15, 24-26 ; 36,23). Un bon caractère est important pour une fille, tout comme pour le garçon (Sirach 10,18 ; 22,3)69 Cf. I Esdras 4,37 : Les femmes sont décevantes (mais les hommes également !).. Sirach 36,21 ne semble pas être trop gentil pour les femmes, bien que le texte ne soit pas tout à fait clair ; en tout cas, le texte continue de façon positive quant à l’importance d’une bonne épouse. La relation dans l’autre sens est en effet peu élaborée : rien n’est attendu du côté du mari70 Gilbert, op. cit. (n. 62), p. 442, fait référence à Ép 5,25 et Col 3,19 pour marquer le contraste avec l’enseignement du Nouveau Testament..
Les admonitions contre l’adultère sont pour l’homme (mais cela ne dit pas grand-chose sur le statut de la femme) : Sirach 9,2-9 ; 19,2 ; 25,21 ; 26,19, 22 ; 42,13 ; Testament de Ruben 3,10-12 ; 4,1, avec une marge de sécurité importante. La punition pour l’adultère, par contre, est pour la femme : Sirach 23,22-26.
Il y a moins d’attention portée pour les compétences de la femme que pour son caractère, mais il y a quand même la mention de l’intelligence (Sirach 25,8)71 Peut-être nous trouvons une référence à l’intelligence des femmes en 4Q502 fr. 1-3 7. et des compétences en général (Sirach 26,2) et de leur importance pour la gestion des biens (cf. Sirach 36,24, cité ci-dessus). Selon Sirach 28,15 les femmes compétentes ont droit aux fruits de leurs efforts.
Une langue calomniatrice72 Litt. « troisième ». Voir P.W. Skehan et A.A. Di Lella, The Wisdom of Ben Sira, Anchor Bible, New York, Doubleday, 1986, p. 365. a écarté des femmes courageuses et les a privées de leurs efforts73 Γλῶσσα τρίτη γυναῖκας ἀνδρείας ἐξέβαλεν καὶ ἐστέρεσεν αὐτὰς τῶν πόνων αὐτῶν..
En bref, pour le Siracide le mariage est important (Sirach 36,25-27), le mariage avec une bonne femme est un don de l’Éternel (Sirach 26,3, 14) et il faut donc bien garder ce mariage (Sirach 7,19)74 Il faut se demander si la série de Sirach 7,18-25 donne une place d’honneur à la femme ou est plutôt utilitaire, à côté de l’ami, du servant, du bétail et de la fille.. En même temps Gilbert fait remarquer : « Aucun dialogue conjugal vrai75 Gilbert, op. cit. (n. 62), p. 442. Encore plus pessimiste A. Forte, « Male and Female in Ben Sira. What the Text Does and Does Not Say (Sir 25 : 13 – 26 : 18) », in Bonifatia Gesche, C. Lustig et G. Rabo, sous dir., Theology and Anthropology in the Book of Sirach, SCS LXXIII, Atlanta, SBL, 2020, pp. 173-185 (176, 181, 185 !). » ne semble mentionné, ou en tout cas, ce point n’a pas été élaboré (seulement une mention brève en Sirach 25,1)76 Si on parle de mariage, on peut également parler de divorce, bien que ceci ne soit pas le sujet de cette étude. Sirach 25,26 a une attitude très facile : il nous conseille d’achever votre épouse en quelques coups brefs si elle se comporte mal. Le Document de Damas semble permettre le divorce (CD xiii 17, certainement en combinaison avec 11QT liv 4-5 ; 4Q159 fr. 2-4 9-10), mais ne permet pas un second mariage (CD iv 20-21 ; 4QDf (4Q271) fr. 3 10-12 pourrait être interprété dans l’autre sens pour une veuve, mais il faut concéder que les données de Qumrân restent imprécises. Voir aussi Vered Noam, « Divorce in Qumran in Light of Early Halakhah », Journal of Jewish Studies LVI (2005), pp. 206-223) ; W. Loader, The Dead Sea Scrolls on Sexuality. Attitudes towards Sexuality in Sectarian and Related Literature at Qumran, Grand Rapids, Eerdmans, 2009, p. 169 ; J.J. Collins, « Divorce and Remarriage in the Damascus Document », in Michal Bar-Asher Siegal, T. Novick et Christine Hayes, sous dir., The Faces of Torah, JAJ Sup. XXII, Göttingen, V & R, 2017, pp. 81-94. Il est intéressant de voir comment Jésus réagit contre cette position dans Mc 10,2-12. D’autre part, il se positionne aussi, dans Jn 8,3-11, contre l’austérité des esséniens (É. Puech, « Essénisme et christianisme. Les Esséniens, Jean-Baptiste et Jésus », in Farah Mébarki et É. Puech, sous dir., Les manuscrits de la mer Morte, Rodez, Rouergue, 2002, pp. 189-215 (207 !)..
3. Statut dans le mariage
Et si enfin on a entamé un mariage avec une femme de bon caractère, quel est alors son statut au sein du mariage ? En Tobit 2,13, Tobit se fâche contre son épouse – à tort, peut-être par deuil de sa cécité – ; Hanna réagit de façon égalitaire à Tobit (v. 14)77 Cf. 5,21 : « Sœur », comme en 7,15 Raguël à Edna (parents de Sara).. Sirach 25,1 mentionne l’importance d’une bonne collaboration78 Le mot συμπεριφέρεσθαι indique l’importance d’une adaptation mutuelle. Vu les autres idées du verset, il ne faut pas penser à la relation sexuelle (contre Forte, op. cit. (n. 75), p. 176).. Ainsi Liber Antiquitatum Biblicarum 42,1 mentionne la réaction pertinente de la femme de Manoa concernant leur stérilité. Les textes de Qumrân demandent un statut à part entière pour « La belle captive » [Rouleau du Temple, 11QT lxiii 17-22 (olim 10-15)] : « Tu lui enlèveras | son habit de captive79 והסירותה ׀ את שלמות שביה מעליה. » (ll. 19-20), et en général une relation dans les deux sens « tu deviendras son mari et elle deviendra ta femme »80 לאשה לכה והיתה ובעלתה (l. 21).
Vis-à-vis des enfants, de façon générale, Sirach 3,2-6 et 7,27-28 indiquent l’égalité des parents (mais avec plus de versets pour le père). C’est même exprimé dans une expression assez forte en Instruction (4QInstrb fr. 2 iii 15-16) :
Honore81 S.L. Adams, Social and Economic Life in Second Temple Judea, Louisville, Westminster John Knox, 2014, p. 73, fait remarquer que le verbe כבד ne parle pas de sentiments, mais d’actions concrètes pour le bien-être de la famille. ton père dans ta pauvreté | et ta mère dans tes pas, puisque comme un père82 Attention : on trouve souvent la traduction « Dieu », mais cela est une correction du texte proposée par les éditeurs – mera conjectura ! est pour un homme, ainsi est son père, et comme des seigneurs sont pour un mâle, ainsi est sa mère83 .אמו כן לגבר וכאדנים אביהו כן לאיש כאב כי במצעדיכה ואמכה ׀ ברישכה אביכה כבוד.
Jubilés 25,1-3 mentionne que Rebecca donne de la direction spirituelle à son fils Jacob84 Également 35,1 ; à Ésaü en 35,20. Cf. Tobit 1.8. et qu’elle le bénit (Jubilés 25,14-23)85 Et qui, toujours soumise à Isaac, se montre plus sage que lui, selon W. Loader, Enoch, Levi, and Jubilees on Sexuality. Attitudes towards Sexuality in the Early Enoch Literature, the Aramaic Levi Document, and the Book of Jubilees, Grand Rapids, Eerdmans, 2007, p. 204.. Ce sont même des femmes qui ont circoncis leurs fils en II Maccabées 6,1086 Cf. I Maccabées 1,60 ; IV Maccabées 4,25..
4. Vie publique de la femme
Dans la vie publique, Hanna (épouse de Tobit) travaille à l’extérieur (Tobit 2,11), mais c’est probablement à cause de la cécité de son époux. En tout cas, Sirach 25,22 est contre une femme qui gagne de l’argent pour son époux87 Cf. Philon, De virtutibus 19, qui connaît clairement deux destinations différentes pour la vie active des hommes (la vie publique) et des femmes (la maison). – néanmoins, elle devrait être bien compétente : Sirach 26,13-14. Sirach 28,15 reconnaît le fait qu’il y a des femmes compétentes ; elles ont droit aux fruits de leurs efforts. Elle peut prendre la direction dans la société : à la fin de sa vie terrestre, Déborah exhorte tout le peuple (Liber Antiquitatum Biblicarum 33,1) et elle est reconnue comme femme directrice en Liber Antiquitatum Biblicarum 33,6.
Voici : une mère sortie d’Israël a péri, et sainte, qui exerçait le commandement dans la maison de Jacob, qui a renforcé la haie (autour) de sa génération88 Ecce periit mater ex Israel, et sancta que gerebat ducatum in domo Iacob, que obduravit sepem generationis sue. L’expression « mater ex Israel » vient de Jg 5,7 (Vulg. : « mater in Israhel »)..
Sur le plan historique (mais malheureusement sans beaucoup d’explication dans des textes) nous constatons le lien étroit entre les pharisiens et les femmes, dans le règne de Salomé Alexandra (Shlomtsion)89 Fort dénoncé par Flavius Josèphe (Antiquitates XIII 417), qui était quand même plutôt dans le camp pharisien, mais peut-être pour des raisons spécifiques qu’il ne mentionne pas. La Communauté de Qumrân n’était pas non plus favorable, mais là on doit penser à leur attitude vis-à-vis les Hasmonéens en général., et l’importance des femmes pendant la période avant la chute du Temple, donc dans les temps du Nouveau Testament. Cette ouverture des femmes vis-à-vis du pharisaïsme et du pharisaïsme vis-à-vis des femmes (leur permettant une place dans la société) allait ensemble avec une certaine étroitesse90 Tal Ilan, Integrating Women into Second Temple History, TSAJ LXXVI, Tübingen, Mohr Siebeck, 1999, pp. 15-21, 31, 37, 77-79. Cette ouverture aux femmes ne se continuait pas chez les rabbins (op. cit., p. 81). Cf. n. 92. Dans le même sens, Jubilés combine une éthique sexuelle stricte avec une grande valorisation de la sexualité (W. Loader, op. cit. (n. 85), pp. 311-312 et passim ; cf. Id., op. cit. (n. 76), pp. 389-390).. Pour la Communauté de Qumrân, la femme est importante pour maintenir la droiture des membres (Règle de la Congrégation, 1QSa i 11). I Esdras 4,14-22, 32 nous offre un éloge de la femme (mais les pots vont avec les fleurs ; ou est-ce plutôt une critique des hommes ?) par Zérubbabel, qui en fin de compte gagne ainsi le concours, sur le thème de la vérité : « Grande est la vérité et elle l’emporte91 Μεγάλη ἡ ἀλήθεια καὶ ὑπερισχύει (I Esdras 4,41) – Magna veritas et praevalet (III Ezra 4,41). Cf. D.A. deSilva, Introducing the Apocrypha. Message, Context, and Significance, Grand Rapids, Baker, 2018², p. 322. ». Et en somme, tout le livre de Judith est positif pour la femme.
Pour la participation de la femme dans la vie de la synagogue, nous ne disposons pas de textes dans la littérature intertestamentaire. Il est pourtant intéressant de noter les conclusions de Bernadette Brooten : vraisemblablement, avec des variations, il y a de la place pour les femmes dans les conseils92 Bernadette J. Brooten, Women Leaders in the Ancient Synagogue, Brown Judaic Studies XXXVI, Chico, Scholars, 1982, pp. 26, 53. Sur base des données archéologiques, on conclut qu’il n’y avait pas de séparation entre hommes et femmes comme dans les bâtiments plus récents (J.P. Garcia, « What We Can Learn from Women’s Roles in Ancient Synagogues », in Celina Durgin et D. Johnson, sous dir., The Biblical World of Gender. The Daily Lives of Ancient Women and Men, Eugene, Wipf and Stock, 2022, pp. 22-29 (26-28 !). ; d’autre part, il n’y a pas de femmes qui sont prêtre93 Brooten, op. cit. (n. 92), pp. 73-99..
5. Conclusion de cette section
Nous pouvons conclure que les écrits intertestamentaires ne peuvent pas être appelés misogynes – le Testament de Ruben forme une exception. La femme a une vie spirituelle ; son caractère et ses compétences sont appréciés, malgré le fait qu’on ne peut pas vraiment parler de relations équilibrées ; vis-à-vis des enfants les parents ont les mêmes droits ; quant au travail à l’extérieur, l’image n’est pas claire : normalement, ce n’est pas apprécié pour une femme, mais en cas de nécessité, c’est permis et même applaudi.
C’est le seul sujet de cette étude où la différence entre les écrits pharisiens et les écrits esséniens joue un certain rôle, mais même ici, elle est moins importante que pour d’autres sujets de la théologie intertestamentaire94 Voir le paragraphe VII de cet article, p. 21..
III. L’homosexualité dans les écrits intertestamentaires
De nombreux textes de la période intertestamentaire qui à première vue semblent parler de l’homosexualité, pourraient à la limite parler – par exemple – du manque de respect de l’hospitalité des habitants de Sodome95 On cite 4Q159 fr. 2-4 6-7, mais ce texte interdit qu’une femme porte des vêtements d’homme et l’inverse ; c’est autre chose, cela ne dit rien sur l’homosexualité. On cite, pour Philon, des textes sur l’effémination, mais de temps en temps ces textes semblent plutôt présenter une critique de la femme (de certaines femmes) avec laquelle nous ne pouvons pas être d’accord.. D’autre part, si on lit ces textes à la lumière de l’Ancien Testament – qui était sans doute l’arrière-plan de tous les Juifs dans cette période-là – une interprétation de textes qui nie l’inclusion de l’homosexualité semble parfois forcée. Nous nous limiterons aux textes les plus clairs96 Laissant de côté – malheureusement – les textes conservés seulement en paléoslave, puisque nous ne savons pas lire cette langue et qu’il est absolument nécessaire d’aller aux textes mêmes (ad fontes ; voir le paragraphe VII de cet article, p. 21). Dans cette catégorie, la version longue de II Énoch 34 pourrait être intéressante, mais il faut tenir compte de l’incertitude concernant la date des différentes versions.. Il est apparent que ces textes viennent d’un contexte hellénistique. Cela n’implique pas automatiquement que l’homosexualité était acceptée dans le contexte judéen97 Cf. Loader, o.c. (n. 76), p. 390. Id., op. cit., p. 361 fait néanmoins référence à l’interdiction trouvée en 4Q270 fr. 2 ii 16-17 avec 6Q15 fr. 5 3-4, mais il faut tenir compte que les deux textes – appartenant au Document de Damas, sans figurer en CD – sont défectueux., mais plutôt que nous pouvons présumer que la discussion n’a pas eu lieu.
Il est important de noter que l’homosexualité et le mariage homosexuel étaient bien connus dans les milieux hellénistiques. En effet, on prétend que l’homosexualité stricte n’existait pas dans l’Antiquité mais il y avait absolument des hommes qui étaient purement homosexuels. Pour l’Antiquité classique, cela est surtout connu par des textes satiriques, mais la satire fonctionne seulement si la base est véridique98 W. Rose, « « Je vrouw nog maagd… ». Over Virro en andere mannen uit de oudheid die niet seksueel functioneren met een vrouw », in A. de Bruijne, R. van Houwelingen et J. Klok, sous dir., Gevarieerde oogst (Fs. E.A. de Boer), Amsterdam, Buijten & Schipperheijn, 2024, pp. 343-354 (344-351 !), fait surtout référence à Martial (Rome, fin Ier s. apr. J.-C.), Épigrammes VII 58, et à Juvénal (Rome, fin Ier – début IInd siècle apr. J.-C.), Satires IX.. En outre, Instone-Brewer, sur la base de textes rabbiniques très anciens (Ier siècle apr. J.-C.), donc à peu près provenant de la même période que la littérature que nous étudions dans cet article, confirme : que l’on était bien conscient de l’existence de tendances homosexuelles, que pour les personnes concernées on prévoyait des règles qui les empêchaient de dépasser les limites, mais qu’elles pouvaient continuer à fonctionner dans la société et que donc il n’y avait aucune question d’homophobie99 D. Instone-Brewer, « Evidence of Non Heterosexual Inclinations », in T.A. Noble, Sara K. Whittle et P.S. Johnston, Marriage, Family and Relationships. Biblical, doctrinal and contemporary perspectives, London, Apollos IVP, 2017, pp. 138-154 (138, 145-146, 152-154 !).. On prétend également que le mariage homosexuel n’existait pas, mais l’inverse est le cas100 C.A. Williams, Roman Homosexuality, Oxford, UP, 1999, pp. 279-286 ; W.H. Rose, « Een ander verhaal over homoseksuele relaties in de oudheid », https ://www.onderwegonline.nl/app/uploads/2015/10/Eerste-reactie-Wolter-Rose.pdf (septembre 2015 ; consulté dernièrement le 30 juin 2025), pp. 2-6 ; G. Gellérfi, « Nubit amicus. Same-sex weddings in Imperial Rome », Graeco-Latina Brunensia XXV (2020), pp. 89-100 (95-98 !). On peut faire référence à Martial, Épigrammes I 24 et XII 42 ; Juvénal, Satires II 117-142. Des références à Tacite, Annales XV 37 (in fine) et Suétone, Néron 28-29, sont déclinées par Gellérfi, op. cit., pp. 94-97, comme décrivant des situations trop extravagantes.. Le fait que les choses décrites n’étaient pas nécessairement acceptées favorablement, n’élimine pas la réalité des choses.
1. Pédérastie
D’abord il faut bien faire la distinction entre homosexualité et pédérastie. Il arrive en effet que l’on cite Oracula Sibyllina III 185b-187 (milieu du IIe s. av. J.-C. en Égypte101 Les pharisiens ne l’ont pas inventé : comment auraient-ils pu ? A.S. van der Woude, « Pluriformity and Uniformity. Reflections on the Transmission of the Text of the Old Testament », in J.N. Bremmer et F. García Martínez, sous dir., Sacred History and Sacred Texts in Early Judaism, CBET V, Kampen, Kok, 1992, pp. 151-169 (162 !).).
… et ils placeront leurs enfants dans des maisons malfamées, et il y aura en ces jours une grande tribulation parmi les hommes, et cela dérangera toutes choses102 Les pharisiens ne l’ont pas inventé : comment auraient-ils pu ? A.S. van der Woude, « Pluriformity and Uniformity. Reflections on the Transmission of the Text of the Old Testament », in J.N. Bremmer et F. García Martínez, sous dir., Sacred History and Sacred Texts in Early Judaism, CBET V, Kampen, Kok, 1992, pp. 151-169 (162 !)..
Ce passage ne parle pas de l’homosexualité, mais – apparemment – de la pédérastie. Ce sont deux choses différentes, bien qu’elles soient souvent confondues dans les textes intertestamentaires aussi bien que dans la recherche moderne de l’Antiquité.
2. Adultère
Dans d’autres textes on pourrait avoir l’impression qu’on parle seulement d’une relation homosexuelle sous l’aspect de l’adultère vis-à-vis du mariage légal, par exemple dans le Quatrième Livre des Oracles sibyllins (daté peu après l’éruption du Vésuve le 24 octobre 79 ; en Syrie ou dans la vallée du Jourdain ; milieu essénien103 Les pharisiens ne l’ont pas inventé : comment auraient-ils pu ? A.S. van der Woude, « Pluriformity and Uniformity. Reflections on the Transmission of the Text of the Old Testament », in J.N. Bremmer et F. García Martínez, sous dir., Sacred History and Sacred Texts in Early Judaism, CBET V, Kampen, Kok, 1992, pp. 151-169 (162 !)., Oracula Sibyllina IV 33-34) :
Ils104 Les pharisiens ne l’ont pas inventé : comment auraient-ils pu ? A.S. van der Woude, « Pluriformity and Uniformity. Reflections on the Transmission of the Text of the Old Testament », in J.N. Bremmer et F. García Martínez, sous dir., Sacred History and Sacred Texts in Early Judaism, CBET V, Kampen, Kok, 1992, pp. 151-169 (162 !). ne mettent pas non plus leur désir nauséabond sur le lit d’un autre105 Les pharisiens ne l’ont pas inventé : comment auraient-ils pu ? A.S. van der Woude, « Pluriformity and Uniformity. Reflections on the Transmission of the Text of the Old Testament », in J.N. Bremmer et F. García Martínez, sous dir., Sacred History and Sacred Texts in Early Judaism, CBET V, Kampen, Kok, 1992, pp. 151-169 (162 !)., [ni sur l’abus106 Les pharisiens ne l’ont pas inventé : comment auraient-ils pu ? A.S. van der Woude, « Pluriformity and Uniformity. Reflections on the Transmission of the Text of the Old Testament », in J.N. Bremmer et F. García Martínez, sous dir., Sacred History and Sacred Texts in Early Judaism, CBET V, Kampen, Kok, 1992, pp. 151-169 (162 !). haineux et hideux d’un mâle107 Les pharisiens ne l’ont pas inventé : comment auraient-ils pu ? A.S. van der Woude, « Pluriformity and Uniformity. Reflections on the Transmission of the Text of the Old Testament », in J.N. Bremmer et F. García Martínez, sous dir., Sacred History and Sacred Texts in Early Judaism, CBET V, Kampen, Kok, 1992, pp. 151-169 (162 !).].
Nous trouvons ici la combinaison d’une interdiction de l’adultère et – probablement – de l’homosexualité, mais aussi la question sur la fonction de « haineux et hideux » et, en outre, un problème textuel, puisque le deuxième verset, celui qui nous intéresse le plus, manque dans une partie des manuscrits. Dans Oracula Sibyllina III 764, nous lisons :
Garde-toi de l’adultère et de la couche déréglée d’un mâle108 Les pharisiens ne l’ont pas inventé : comment auraient-ils pu ? A.S. van der Woude, « Pluriformity and Uniformity. Reflections on the Transmission of the Text of the Old Testament », in J.N. Bremmer et F. García Martínez, sous dir., Sacred History and Sacred Texts in Early Judaism, CBET V, Kampen, Kok, 1992, pp. 151-169 (162 !)..
Quelle est la fonction de l’adjectif ἄκριτος, qu’on peut traduire ici par « irrégulier/déréglé/irréfléchi » ? Cela signifie-t-il que seuls les « rapports sexuels déréglés avec des mâles » sont rejetés, mais qu’il n’y a pas de problème avec les « rapports réglés avec des mâles » ? Ou cela signifie-t-il que les rapports sexuels avec des hommes sont rejetés et que cela est toujours irrégulier ? Dans le style des Oracles sibyllins, j’opterais pour la deuxième interprétation – c’est un texte littéraire, pas un texte juridique –, mais cela reste une interprétation.
Il y a quand même un aspect intéressant dans cette juxtaposition de la relation extra-conjugale et de la relation homosexuelle : ceci rend difficile l’interprétation selon laquelle l’acte homosexuel est seulement interdit pour ceux qui sont mariés109 Les pharisiens ne l’ont pas inventé : comment auraient-ils pu ? A.S. van der Woude, « Pluriformity and Uniformity. Reflections on the Transmission of the Text of the Old Testament », in J.N. Bremmer et F. García Martínez, sous dir., Sacred History and Sacred Texts in Early Judaism, CBET V, Kampen, Kok, 1992, pp. 151-169 (162 !).. Nous rencontrons la même idée chez Pseudo-Phocylide (ligne 3 ; à situer en Alexandrie au début de notre ère)110 Les pharisiens ne l’ont pas inventé : comment auraient-ils pu ? A.S. van der Woude, « Pluriformity and Uniformity. Reflections on the Transmission of the Text of the Old Testament », in J.N. Bremmer et F. García Martínez, sous dir., Sacred History and Sacred Texts in Early Judaism, CBET V, Kampen, Kok, 1992, pp. 151-169 (162 !). :
Ne pas commettre d’adultère, ni soulever un amour mâle111 Reiterer, op. cit. (n. 2), pp. 131-133, 138-139, 142, 161. Même à Qumrân, où on constate une certaine facilité concernant l’exactitude des textes ; néanmoins, pour les manuscrits les plus officiels, on est proche du texte massorétique (comme dans les manuscrits venant d’autres localités du désert de Judée) : E. Tov, « ‘Luxury Scrolls’ from the Judean Desert », in G.S. Oegema, H.W. Morisada Rietz et L.T. Stuckenbruck, sous dir., Fountains of Wisdom (Fs. J.H. Charlesworth), London, T & T Clark, 2022, pp. 421-432. Cf. le paragraphe .
3. Iniquité
Toujours dans les Oracles sibyllins (III 184-185a), l’homosexualité est considérée comme un exemple clair d’iniquité112 Reiterer, op. cit. (n. 2), pp. 131-133, 138-139, 142, 161. Même à Qumrân, où on constate une certaine facilité concernant l’exactitude des textes ; néanmoins, pour les manuscrits les plus officiels, on est proche du texte massorétique (comme dans les manuscrits venant d’autres localités du désert de Judée) : E. Tov, « ‘Luxury Scrolls’ from the Judean Desert », in G.S. Oegema, H.W. Morisada Rietz et L.T. Stuckenbruck, sous dir., Fountains of Wisdom (Fs. J.H. Charlesworth), London, T & T Clark, 2022, pp. 421-432. Cf. le paragraphe :
Et aussitôt une contrainte d’impiété apparaîtra chez eux113 Reiterer, op. cit. (n. 2), pp. 131-133, 138-139, 142, 161. Même à Qumrân, où on constate une certaine facilité concernant l’exactitude des textes ; néanmoins, pour les manuscrits les plus officiels, on est proche du texte massorétique (comme dans les manuscrits venant d’autres localités du désert de Judée) : E. Tov, « ‘Luxury Scrolls’ from the Judean Desert », in G.S. Oegema, H.W. Morisada Rietz et L.T. Stuckenbruck, sous dir., Fountains of Wisdom (Fs. J.H. Charlesworth), London, T & T Clark, 2022, pp. 421-432. Cf. le paragraphe , le mâle s’approchera du mâle114 Reiterer, op. cit. (n. 2), pp. 131-133, 138-139, 142, 161. Même à Qumrân, où on constate une certaine facilité concernant l’exactitude des textes ; néanmoins, pour les manuscrits les plus officiels, on est proche du texte massorétique (comme dans les manuscrits venant d’autres localités du désert de Judée) : E. Tov, « ‘Luxury Scrolls’ from the Judean Desert », in G.S. Oegema, H.W. Morisada Rietz et L.T. Stuckenbruck, sous dir., Fountains of Wisdom (Fs. J.H. Charlesworth), London, T & T Clark, 2022, pp. 421-432. Cf. le paragraphe …
Nous pouvons en conclure que l’homosexualité est rejetée, mais nous devons constater que ce n’est que d’une manière implicite. Nous rencontrons la même idée dans la Lettre d’Aristée (fin IIe s. av. J.-C., Alexandrie115 Reiterer, op. cit. (n. 2), pp. 131-133, 138-139, 142, 161. Même à Qumrân, où on constate une certaine facilité concernant l’exactitude des textes ; néanmoins, pour les manuscrits les plus officiels, on est proche du texte massorétique (comme dans les manuscrits venant d’autres localités du désert de Judée) : E. Tov, « ‘Luxury Scrolls’ from the Judean Desert », in G.S. Oegema, H.W. Morisada Rietz et L.T. Stuckenbruck, sous dir., Fountains of Wisdom (Fs. J.H. Charlesworth), London, T & T Clark, 2022, pp. 421-432. Cf. le paragraphe ), qui décrit la traduction de la Septante. Dans un excursus sur l’ineptie de l’idolâtrie et la défense des lois alimentaires, nous lisons comme suit au § 152 :
Car la plupart des autres hommes se souillent en ayant des relations, arrivant à un but de grande iniquité ; des régions et des villes entières se vantent de ces choses-là. Car non seulement ils s’avancent vers les mâles, mais aussi ils souillent celles qui les ont enfantés et encore leurs filles. Nous, par contre, nous avons été écartés de ces choses116 Reiterer, op. cit. (n. 2), pp. 131-133, 138-139, 142, 161. Même à Qumrân, où on constate une certaine facilité concernant l’exactitude des textes ; néanmoins, pour les manuscrits les plus officiels, on est proche du texte massorétique (comme dans les manuscrits venant d’autres localités du désert de Judée) : E. Tov, « ‘Luxury Scrolls’ from the Judean Desert », in G.S. Oegema, H.W. Morisada Rietz et L.T. Stuckenbruck, sous dir., Fountains of Wisdom (Fs. J.H. Charlesworth), London, T & T Clark, 2022, pp. 421-432. Cf. le paragraphe .
4. Contre la nature
Les textes mentionnent souvent l’argument que l’homosexualité est contre la nature. Nous commençons avec les lignes 190-192 de Pseudo-Phocylide :
Ne transgresse pas les lits de la nature pour un amour illicite même aux bêtes displaisent les lits mâles et que les féminines n’imitent pas la couche des mâles117 Reiterer, op. cit. (n. 2), pp. 131-133, 138-139, 142, 161. Même à Qumrân, où on constate une certaine facilité concernant l’exactitude des textes ; néanmoins, pour les manuscrits les plus officiels, on est proche du texte massorétique (comme dans les manuscrits venant d’autres localités du désert de Judée) : E. Tov, « ‘Luxury Scrolls’ from the Judean Desert », in G.S. Oegema, H.W. Morisada Rietz et L.T. Stuckenbruck, sous dir., Fountains of Wisdom (Fs. J.H. Charlesworth), London, T & T Clark, 2022, pp. 421-432. Cf. le paragraphe .
Nous continuons avec Philon. Regardons dans un premier temps son traité sur Abraham, paragraphe 135 :
Les hommes […] secouent le joug de la loi de la nature, poursuivant beaucoup d’alcool pur, des gourmandises et des liaisons illégales118 Reiterer, op. cit. (n. 2), pp. 131-133, 138-139, 142, 161. Même à Qumrân, où on constate une certaine facilité concernant l’exactitude des textes ; néanmoins, pour les manuscrits les plus officiels, on est proche du texte massorétique (comme dans les manuscrits venant d’autres localités du désert de Judée) : E. Tov, « ‘Luxury Scrolls’ from the Judean Desert », in G.S. Oegema, H.W. Morisada Rietz et L.T. Stuckenbruck, sous dir., Fountains of Wisdom (Fs. J.H. Charlesworth), London, T & T Clark, 2022, pp. 421-432. Cf. le paragraphe ; car non seulement ils sont devenus fous des femmes, et souillent le lit conjugal des autres, mais aussi ceux qui étaient des hommes grimpèrent sur des mâles, n’ayant pas honte que ceux qui l’ont fait avaient la même nature que ceux qui l’ont subi […]119 Reiterer, op. cit. (n. 2), pp. 131-133, 138-139, 142, 161. Même à Qumrân, où on constate une certaine facilité concernant l’exactitude des textes ; néanmoins, pour les manuscrits les plus officiels, on est proche du texte massorétique (comme dans les manuscrits venant d’autres localités du désert de Judée) : E. Tov, « ‘Luxury Scrolls’ from the Judean Desert », in G.S. Oegema, H.W. Morisada Rietz et L.T. Stuckenbruck, sous dir., Fountains of Wisdom (Fs. J.H. Charlesworth), London, T & T Clark, 2022, pp. 421-432. Cf. le paragraphe .
Nous retrouvons la combinaison de l’adultère et de l’homosexualité ; la nature est encore une fois mentionnée. Philon va encore plus loin dans De legibus specialibus III 38 :
Il est juste de considérer ces personnes dignes de la mort pour ceux qui obéissent à la Loi, qui ordonne que l’homme-femme qui dénature la monnaie de la nature meure en toute impunité120 Reiterer, op. cit. (n. 2), pp. 131-133, 138-139, 142, 161. Même à Qumrân, où on constate une certaine facilité concernant l’exactitude des textes ; néanmoins, pour les manuscrits les plus officiels, on est proche du texte massorétique (comme dans les manuscrits venant d’autres localités du désert de Judée) : E. Tov, « ‘Luxury Scrolls’ from the Judean Desert », in G.S. Oegema, H.W. Morisada Rietz et L.T. Stuckenbruck, sous dir., Fountains of Wisdom (Fs. J.H. Charlesworth), London, T & T Clark, 2022, pp. 421-432. Cf. le paragraphe , ne lui permettant pas de vivre un seul jour, ou même une seule heure, car il est une honte pour lui-même, pour sa famille, pour son pays et pour la race entière de l’humanité121 G.W. Lorein, « De verhouding tussen aannemer en bewoners tijdens verbouwingswerken. Leiders en gemeenschap in Ezra 7 – Nehemia 13 », in P. Boersema, J. Hoek, M.-J. Paul et Maria Verhoeff, sous dir., Gezag in beweging. Kerkelijk leiderschap tussen tekst en context, Heerenveen, Protestantse Pers, 2008, pp. 144-157 (148-149 !)..
Flavius Josèphe écrivait sur l’histoire juive, mais pour des non-juifs. Bien qu’il évite de temps en temps les points difficiles, il les explique à ses lecteurs (masculins !) si nécessaire. Ainsi il écrit en Contra Apionem II 199 :
Comme seule union sexuelle, la loi connaît celle selon la nature, celle avec une femme, et cela sous condition qu’on ait l’intention que cela se passe à cause d’enfants. Elle déteste celle de mâles avec des mâles et la mort est la peine, si quelqu’un l’entreprend122 G.W. Lorein, « De verhouding tussen aannemer en bewoners tijdens verbouwingswerken. Leiders en gemeenschap in Ezra 7 – Nehemia 13 », in P. Boersema, J. Hoek, M.-J. Paul et Maria Verhoeff, sous dir., Gezag in beweging. Kerkelijk leiderschap tussen tekst en context, Heerenveen, Protestantse Pers, 2008, pp. 144-157 (148-149 !)..
Cette peine est confirmée quelques paragraphes plus loin (II 215). Pour rendre les choses encore plus complexes, il faut constater que des relations homosexuelles se produisent chez des animaux, en tout cas dans des situations extrêmes123 G.W. Lorein, « De verhouding tussen aannemer en bewoners tijdens verbouwingswerken. Leiders en gemeenschap in Ezra 7 – Nehemia 13 », in P. Boersema, J. Hoek, M.-J. Paul et Maria Verhoeff, sous dir., Gezag in beweging. Kerkelijk leiderschap tussen tekst en context, Heerenveen, Protestantse Pers, 2008, pp. 144-157 (148-149 !). ; un point intéressant pour les adeptes de l’éthique naturelle124 G.W. Lorein, « De verhouding tussen aannemer en bewoners tijdens verbouwingswerken. Leiders en gemeenschap in Ezra 7 – Nehemia 13 », in P. Boersema, J. Hoek, M.-J. Paul et Maria Verhoeff, sous dir., Gezag in beweging. Kerkelijk leiderschap tussen tekst en context, Heerenveen, Protestantse Pers, 2008, pp. 144-157 (148-149 !)..
5. Menant à l’extinction
Philon, dans son traité sur Abraham, mentionne la conséquence d’homosexualité généralisée au paragraphe 136 :
Si ainsi les Grecs et les barbares avaient accepté de chercher ce genre de relation, les villes les unes après les autres seraient devenues désolées, comme si elles avaient été vidées par une pestilence125 G.W. Lorein, « De verhouding tussen aannemer en bewoners tijdens verbouwingswerken. Leiders en gemeenschap in Ezra 7 – Nehemia 13 », in P. Boersema, J. Hoek, M.-J. Paul et Maria Verhoeff, sous dir., Gezag in beweging. Kerkelijk leiderschap tussen tekst en context, Heerenveen, Protestantse Pers, 2008, pp. 144-157 (148-149 !)..
6. Le féminin
Nous devons constater que chez Philon le féminin en soi n’est pas très apprécié, cela ressort, du moins, du paragraphe 136 du traité sur Abraham :
Ensuite, doucement, les hommes se sont habitués à subir les choses des femmes, et ont ainsi engendré pour eux-mêmes la maladie féminine, un mal intolérable126 G.W. Lorein, « De verhouding tussen aannemer en bewoners tijdens verbouwingswerken. Leiders en gemeenschap in Ezra 7 – Nehemia 13 », in P. Boersema, J. Hoek, M.-J. Paul et Maria Verhoeff, sous dir., Gezag in beweging. Kerkelijk leiderschap tussen tekst en context, Heerenveen, Protestantse Pers, 2008, pp. 144-157 (148-149 !)..
Nous voyons en effet un manque de respect pour la sexualité en général127 G.W. Lorein, « De verhouding tussen aannemer en bewoners tijdens verbouwingswerken. Leiders en gemeenschap in Ezra 7 – Nehemia 13 », in P. Boersema, J. Hoek, M.-J. Paul et Maria Verhoeff, sous dir., Gezag in beweging. Kerkelijk leiderschap tussen tekst en context, Heerenveen, Protestantse Pers, 2008, pp. 144-157 (148-149 !).. Alors que les deux (Philon ainsi que le NT) avaient l’Ancien Testament comme base, et que les deux s’expriment contre la pratique homosexuelle, le traitement du sujet de la sexualité est assez différent.
7. Conclusion de cette section
Nous pouvons conclure : les auteurs cités vivaient dans une société où l’homosexualité était connue ; nous ne pouvons pas dire que les écrivains du Ier siècle n’étaient pas informés. Il est improbable que les raisons de l’homosexualité étaient différentes de celles de nos jours, mais nos auteurs ne se posent aucune question concernant la génétique, la psychologie ou la sociologie. Malheureusement, les textes n’offrent pas la clarté désirée par des lecteurs d’aujourd’hui. En effet, il ne faut pas mélanger la pédérastie et l’homosexualité, on ne peut pas réduire l’homosexualité à une forme d’adultère. Il faut bien lire les textes dans leur formulation et dans leur contexte, en n’exagérant ni dans le sens de voir partout une interdiction de l’homosexualité, ni l’inverse. Après tout, là où des possibilités sociétales ont toujours existé pour la femme, aucune largesse ne s’est produite pour l’homosexualité128 G.W. Lorein, « De verhouding tussen aannemer en bewoners tijdens verbouwingswerken. Leiders en gemeenschap in Ezra 7 – Nehemia 13 », in P. Boersema, J. Hoek, M.-J. Paul et Maria Verhoeff, sous dir., Gezag in beweging. Kerkelijk leiderschap tussen tekst en context, Heerenveen, Protestantse Pers, 2008, pp. 144-157 (148-149 !)..
Quelques réflexions finales
Nous avons constaté que les exposés systématiques que nous aimerions trouver dans les écrits intertestamentaires nous manquent. D’autre part, même si on connaissait bien les alternatives, on s’en tenait aux principes dérivés d’une lecture de l’Ancien Testament qui regardaient les textes comme historiques et faisant autorité pour les croyants. Les lignes directrices de ces écrits sont claires : maintien de la doctrine de la Création, opinions nuancées et mixtes concernant la position de la femme, refus de l’homosexualité, et tout cela dans des circonstances qui ne sont pas tellement différentes des nôtres. Les divisions (ou le manque de division) d’opinion ne suivent pas les lignes qui normalement divisent le champ religieux juif, à la différence de la situation pour d’autres sujets129 G.W. Lorein, « De verhouding tussen aannemer en bewoners tijdens verbouwingswerken. Leiders en gemeenschap in Ezra 7 – Nehemia 13 », in P. Boersema, J. Hoek, M.-J. Paul et Maria Verhoeff, sous dir., Gezag in beweging. Kerkelijk leiderschap tussen tekst en context, Heerenveen, Protestantse Pers, 2008, pp. 144-157 (148-149 !)..
Nous avons constaté également que l’on ne peut pas simplement faire appel à des traductions. Il est toujours nécessaire d’aller aux textes originaux, dans leur contexte. Les traductions que nous avons à notre disposition ne sont pas fausses, mais aident souvent leurs lecteurs à mieux comprendre le texte, et par cet accompagnement (louable en soi130 G.W. Lorein, « De verhouding tussen aannemer en bewoners tijdens verbouwingswerken. Leiders en gemeenschap in Ezra 7 – Nehemia 13 », in P. Boersema, J. Hoek, M.-J. Paul et Maria Verhoeff, sous dir., Gezag in beweging. Kerkelijk leiderschap tussen tekst en context, Heerenveen, Protestantse Pers, 2008, pp. 144-157 (148-149 !).), elles donnent facilement l’impression que la situation est plus claire qu’elle l’est en réalité et mènent ainsi à des conclusions fausses (ou au moins trop douteuses). Et donc : ad fontes !
Après tout, il est fort intéressant d’étudier ces textes des temps intertestamentaires : ils ne sont pas canoniques – et donc en soi pas directifs pour des chrétiens protestants évangéliques –, mais ils nous offrent des interprétations de l’Ancien Testament très anciennes, et qui avaient cours au temps du Nouveau Testament
Notes
- 1Cet article est basé sur une conférence tenue à Kyev le 10 novembre 2018, à l’occasion de la présentation de l’édition russe de la « Théologie de l’Ancien Testament » de H. Koorevaar et M.-J. Paul, sous dir., Theologie van het Oude Testament. De blijvende boodschap van de Hebreeuwse Bijbel, Zoetermeer, Boekencentrum, 2013 (Богословие Ветхого Завета, Cherkasy, Colloquium, 2018 ; édition allemande : Theologie des Alten Testaments. Die bleibende Botschaft der hebräischen Bibel, Gießen, Brunnen, 2016). Elle résumait d’une part quelques éléments de la contribution de l’auteur à cet ouvrage et en élaborait des points spécifiques d’autre part. L’élaboration de l’idée de la présenter à un public francophone a pris un peu plus de temps que prévu… Remerciements à Xavier Oberneck pour son assistance au niveau de la langue française.
- 2F.V. Reiterer, « Ein unkonventioneller Umgang mit der biblischen Autorität. Siras Art in hellenistischer Umgebung aus seiner Bibel zu denken und zu sprechen », in I. Kalimi, T. Nicklas et G.G. Xeravits, sous dir., Scriptural Authority in Early Judaism and Ancient Christianity, Deuterocanonical and Cognate Literature Studies XVI, Berlin, de Gruyter, 2013, pp. 129-166 (142 !).
- 3Sans qu’ils se dissent : « Écrivons ce matin quelques pages d’Écriture ».
- 4E. Lipiński, Semitic Linguistics in Historical Perspective, OLA CCXXX, Leuven, Peeters, 2014, p. 30 : « spoken languages, of which writing is only a subsequent and imperfect representation ». A.R. Millard, « Writing and Prophecy », in M.J. Boda et J.G. McConville, sous dir., Dictionary of the Old Testament Prophets, Downers Grove, IVP, 2012, pp. 883-888 (887 !) : « Ancient… texts… were written in order to be read, sooner or later, and reading was done aloud ». Cf. le rôle de Phœbé pour la transmission de la Lettre aux Romains à l’Église à Rome : A. Chapple, « Getting Romans to the Right Romans: Phoebe and the Delivery of Paul’s Letter », Tyndale Bulletin LXII (2011), pp. 195-214.
- 5P.D. Wegner, « Current Trends in Old Testament Textual Criticism », Bulletin for Biblical Research XXIII (2013), pp. 461-480 (462 !).
- 6« Schrift is het verduurzaamde, gegeneraliseerde en geaeterniseerde woord ». H. Bavinck, Gereformeerde dogmatiek I, Kampen, Kok, 1918³, p. 397.
- 7Reiterer, op. cit. (n. 2), pp. 130-131, A. van der Kooij, « The Canonization of Ancient Books Kept in the Temple of Jerusalem », in Id. et K. van der Toorn, sous dir., Canonization and Decanonization, Studies in the History of Religion LXXXII, Leiden, Brill, 1998, pp. 17-40 (38 !).
- 8Ceci implique que les Écritures le fassent d’une manière suffisante : Reiterer, op. cit. (n. 2), pp. 132-133, parle de « Vollständigkeit der Verschriftung » (cf. sa p. 142 sur le caractère écrit, la complétude et la valeur – Schriftlichkeit, Vollständigkeit, Wert).
- 9Reiterer, op. cit. (n. 2), pp. 132, 142 ; Van der Kooij, op. cit. (n. 7), pp. 34-35, 37.
- 10Reiterer, op. cit. (n. 2), pp. 132-133 ; Wegner, op. cit. (n. 5), p. 462 ; D. Jongkind, https ://foclonline.org/short-talk/understanding-times-theology-textual-transmission, (consulté le 30 juin 2025).
- 11Les pharisiens ne l’ont pas inventé : comment auraient-ils pu ? A.S. van der Woude, « Pluriformity and Uniformity. Reflections on the Transmission of the Text of the Old Testament », in J.N. Bremmer et F. García Martínez, sous dir., Sacred History and Sacred Texts in Early Judaism, CBET V, Kampen, Kok, 1992, pp. 151-169 (162 !).
- 12Reiterer, op. cit. (n. 2), pp. 131-133, 138-139, 142, 161. Même à Qumrân, où on constate une certaine facilité concernant l’exactitude des textes ; néanmoins, pour les manuscrits les plus officiels, on est proche du texte massorétique (comme dans les manuscrits venant d’autres localités du désert de Judée) : E. Tov, « ‘Luxury Scrolls’ from the Judean Desert », in G.S. Oegema, H.W. Morisada Rietz et L.T. Stuckenbruck, sous dir., Fountains of Wisdom (Fs. J.H. Charlesworth), London, T & T Clark, 2022, pp. 421-432. Cf. le paragraphe
- 13G.W. Lorein, « De verhouding tussen aannemer en bewoners tijdens verbouwingswerken. Leiders en gemeenschap in Ezra 7 – Nehemia 13 », in P. Boersema, J. Hoek, M.-J. Paul et Maria Verhoeff, sous dir., Gezag in beweging. Kerkelijk leiderschap tussen tekst en context, Heerenveen, Protestantse Pers, 2008, pp. 144-157 (148-149 !).
- 14D.J. Courey, What Has Wittenberg to Do with Azusa? Luther’s Theology of the Cross and Pentecostal Triumphalism, London, Bloomsbury T & T Clark, 2015, pp. 217-225. N. Blough, « Luther et les Réformes radicales », Théologie évangélique XVI (2017), pp. 84-102, discute la résistance de la Réforme radicale contre ce principe : alors que Luther voulait d’abord, il est vrai, que des théologiens enseignent, mais que les fidèles évaluent l’enseignement (pp. 91-92), il doit faire marche arrière (p. 101) quand il remarque que la Réforme radicale considère le principe de sola Scriptura comme un truc pour garder la population illettrée sous l’emprise des prédicateurs qui ont étudié et qu’elle part du principe que Dieu peut parler de manière directe à chacun (p. 96).
- 15Reiterer, op. cit. (n. 2), pp. 142-143.
- 161QS ix 11.
- 17Dana M. Pike, « The Word of the Lord and the Teacher of Righteousness in the Qumran Texts », in D.W. Parry, S.D. Ricks et A.C. Skinner, sous dir., The Prophetic Voice at Qumran, Studies on the Texts of the Desert of Judah CXX, Leiden, Brill, 2017, pp. 97-114 (98, 112 !) : Le Maître de la Justice possède des idées divinement inspirées dans les anciennes prophéties, mais il n’a pas prononcé de nouvelles prophéties ; la communauté Qumrân reconnaît les anciens prophètes et attend l’apparition imminente d’un prophète eschatologique. Cf., cependant, Flavius Josèphe, Bellum II, p. 159.
- 18P.J. Gentry et A.M. Fountain, « Reassessing Jude’s Use of Enochic Traditions », in Tyndale Bulletin LXVIII (2017), pp. 261-286 (277 !).
- 19Une autre question qui est souvent traitée sur les mêmes pages que la canonicité, concerne l’ordre des livres canoniques, mais en soi, cet ordre n’est pas canonique. Cf. G.W. Lorein, « The Latin Versions of the Old Testament from Jerome to the Editio Clementina », in Alberdina Houtman, Eveline van Staalduine-Sulman et H.-M. Kirn, sous dir., A Jewish Targum in a Christian World, Jewish and Christian Perspectives XXVII, Leiden, Brill, 2014, pp. 125-145 (137-138 !). Pour une défense récente d’un ordre « chrétien », voir G.L. Cockerill, « « Prophets and Apostles ». The Arrangement of the Old Testament Canon and the Theological Interpretation of Scripture », Journal of the Evangelical Theological Society LXIV (2021), pp. 433-451. Dès le moment que le texte était compris dans un seul volume (Bible de Paris), l’ordre s’est stabilisé.
- 20Lorein, op. cit. (n. 19), p. 126 ; A. Kamesar, Jerome, Greek Scholarship, and the Hebrew Bible. A Study of the Questiones Hebraicae in Genesim, Oxford, Clarendon, 1993, pp. 43, 46.
- 21« Inter apocrifa seponendum » (Prologus galeatus l. 54, éds Weber et Gryson). Voir aussi Lorein, op. cit. (n. 19), p. 135. Jérôme a bien traduit des livres et des chapitres deutérocanoniques, répondant à contrecœur aux exigences, mais d’une manière beaucoup plus libre que les livres canoniques, et il les plaça à un endroit distinct (Lorein, ibid.). Pour Judith, voir Barbara Schmitz, « ΙΟΥΔΙΘ und Iudith. Überlegungen zum Verhältnis der Judit-Erzählung in der LXX und der Vulgata », in J. Cook et H.-J. Stipp, sous dir., Text-Critical and Hermeneutical Studies in the Septuagint, VT Sup CLVII, Leiden, Brill, 2012, pp. 359-379.
- 22H. Blocher, « Utiles ou nocifs ? Les « Apocryphes » et la théologie évangélique », Théologie évangélique III (2004), pp. 253-270 (259 !).
- 23L.M. McDonald, The Biblical Canon. Its Origin, Transmission, and Authority, Peabody, Hendrickson, 2007², pp. 443-444.
- 24Lorein, op. cit. (n. 19), p. 136.
- 25Seulement ces derniers sont cités dans D.W. Bebbington, Evangelicalism in Modern Britain. A History from the 1730s to the 1980s, London, Unwin Hyman, 1989, pp. 87-88.
- 26Nous mentionnerons toutefois quelques éléments des écrits rabbiniques qui ont leur origine dans la période intertestamentaire.
- 27Du moins en dehors de l’AT.
- 28J. Ribera-Florit, « El perdó i la reconciliació en el període intertestamentari i en el Targum dels Profetes », in A. Puig i Tàrrech, sous dir., Perdó i Reconciliació en la Tradició jueva, Scripta Biblica IV, [Barcelona], Associació Bíblica de Catalunya et Abadia de Montserrat, 2002, pp. 197-207 (206 !) : « la relectura que el judaisme antic ha fet de la Bíblia ».
- 29Cf. J.S. Anderson, « From ‘Communities of Texts’ to Religious Communities: Problems and Pitfalls », in G. Boccaccini, sous dir., Enoch and Qumran Origins. New Light on a Forgotten Connection, Grand Rapids, Eerdmans, 2005, pp. 351-355 (353-354 !).
- 301QH ix 15-17, olim i 13-15.
- 31Cf. Sagesse de Salomon 9,1-2 (F.V. Reiterer, « Dimensionen der Schöpfung in der deuterokanonischen Literatur », Sacra Scripta VII (2009), pp. 169-198 (189 !).
- 32Nous voyons Dieu comme Créateur aussi dans Sirach 43.33 ; IV Esdras 6,6.
- 33T.J. Kraus, « «… Who Created Everything by a Word! » Creation and Creator in the Oracula Sibyllina », in T. Nicklas et Korinna Zamfir, sous dir., Theologies of Creation in Early Judaism and Ancient Christianity, Fs. H. Klein, Deuterocanonical and Cognate Literature St. VI, Berlin, De Gruyter, 2010, pp. 179-199 (184 !) ; Barbara Schmitz, « Geschaffen aus dem Nichts ? Die Funktion der Rede von der Schöpfung im Zweiten Makkabäerbuch », in Nicklas et Zamfir, o.c., pp. 61-79 (62, 75-77 !) ; Daniela Scialabba, Creation and Salvation. Models of Relationship Between the God of Israel and the Nations in the Book of Jonah, in Psalm 33 (MT and LXX) and in the Novel « Joseph and Aseneth », Forschungen zum Alten Testament 2 CVI, Tübingen, Mohr, 2019, p. 247. Voir encore IV Esdras 3,4.
- 34Ταῦτα θεὸς ἐποίησεν οὐ χερσὶν οὐ πόνοις οὔ τινων συνεργασομένων ἐπιδεηθείς, ἀλλ᾽ αὐτοῦ θελήσαντος καλῶς ἦν εὐθὺς γεγονότα. Cf. R. Bauckham, Jesus and the God of Israel, Milton Keynes, Paternoster, 2008, p. 102. Voir également Jubilés 2,7, 11, où la création directe par Dieu est soulignée, en évitant les expressions potentiellement ambiguës : « Que la terre produise » (Gn 2,11.24) et « Que l’eau pullule » (Gn 2,20), comme J. Vanderkam, « Genesis 1 in the Book of Jubilees », Zeitschrift für Antikes Christentum XXVI (2022), pp. 8-24 (21-22 !), le fait remarquer.
- 35Ἀξιῶ σε, τέκνον, ἀναβλέψαντα εἰς τὸν οὐρανὸν καὶ τὴν γῆν καὶ τὰ ἐν αὐτοῖς πάντα ἰδόντα γνῶναι ὅτι οὐκ ἐξ ὄντων ἐποίησεν αὐτὰ ὁ θεός, καὶ τὸ τῶν ἀνθρώπων γένος οὕτω γίνεται. D.R. Schwartz, 2 Maccabees, CEJL, Berlin, Walter de Gruyter, 2008, p. 312. Pour la leçon οὐκ ἐξ ὄντων voir G. Schuttermayr, « « Schöpfung aus dem Nichts » in 2 Makk 7, 28 ? Zum Verhältnis von Position und Bedeutung », Biblische Zeitschrift XVII (1973), pp. 203-228 (203-208, 222-223, 225 !). Cf. Joseph & Aseneth 12,2.
- 36Cf. Jubilés 12,4 ; Oracula Sibyllina I 19 ; III 20 ; IV Esdras 6,38b, 43 ; 4Q381 (apPsb) fr. 1 3 ; 4Q422 (parGenEx) i 6 (en tout cas selon la lecture de J.D. Lyon, The Genesis Creation Account in the Dead Sea Scrolls, Eugene, Pickwick, 2019, p. 84). Certains auteurs font également référence à Sirach 43,10 et à 4Q403 fr. 1 33-36, mais ces textes décrivent plutôt le maintien de la Création.
- 37Cf. Oracula Sibyllina III 11-14 ; Vanderkam, op. cit. (n. 34), pp. 17-22 ; F.V. Reiterer, « « Alles hat nämlich der Herr gemacht » – Das Telos der Schöpfung bei Ben Sira », in Nicklas et Zamfir, op. cit. (n. 33), pp. 95-136 (133 !) ; Kraus, op. cit. (n. 33), pp. 184, 186 ; Schmitz, op. cit. (n. 33), p. 64.
- 38Apparemment « Tes créatures » (le grec n’est pas totalement cohérent).
- 39Σοὶ δουλευσάτω πᾶσα ἡ κτίσις σου, ὅτι εἶπας, καὶ ἐγενήθησαν. Bien évidemment, ces derniers mots figurent également en Ps 33,8-9 (lxx 32,8-9) et Ps 148,5, mais ils sont quand même intégrés dans le texte de Judith. Cf. Reiterer, op. cit. (n. 31), pp. 187-189, 197 ; Barbara Schmitz, « « Dir soll Deine ganze Schöpfung dienen » (Jdt 16,14). Schöpfungstheologie im Buch Judith », in Nicklas et Zamfir, op. cit. (n. 33), pp. 51-59 (57 !). Cf. Oracula Sibyllina I 8-9 ; IV Esdras 6,38a ; cf. Sagesse de Salomon 11,25.
- 40Voir p. ex. De legibus specialibus IV 187 ; cf. M. Bockmuehl, « Creatio ex nihilo in Palestinian Judaism and Early Christianity », Scottish Journal of Theology LXV (2012), pp. 253-270 (255 !).
- 41Cf. pour cette phase Sagesse de Salomon 11,17 et Reiterer, op. cit. (n. 31), p. 186.
- 42Reiterer, op. cit. (n. 31), pp. 169-198 (186, 196 !).
- 43H. Blocher, Rec. Lytta Basset, « Oser la bienveillance », Paris, Albin Michel, 2014, 426 pages, Théologie évangélique XIII (2014), pp. 90-101 (96 !) ; cf. Rm 11,36.
- 44Philo, De somniis I 76 (οὐ δημιουργὸς μόνον ἀλλὰ καὶ κτίστης αὐτὸς ὤν) ; De specialibus legibus IV 187 (τὰ γὰρ μὴ ὄντα ἐκάλεσεν εἰς τὸ εἶναι τάξιν ἐξ ἀταξίας). Est-ce que Philon situait la Création dans un seul moment (au lieu de six jours) ? Voir F.E. Brenk, « Philo and Plutarch on the Nature of God », in D.T. Runia et G.E. Sterling, sous dir., The Studia Philonica Annual XXVI. Studies in Hellenistic Judaism, Atlanta, SBL, 2014, pp. 79-92, mais il faudrait quand même vérifier les endroits cités (comme d’habitude). Nous trouvons à peu près la même expression chez Philon, De decalogo 111 ; De specialibus legibus II 225. Là il ne s’agit cependant pas de création, mais de procréation, ce qui est aussi un grand miracle, mais donne un autre sens à l’expression.
- 45Κύριος ἔκτισεν ἐκ γῆς ἄνθρωπον.
- 46Le problème de la longueur de ces jours n’est pas traité. En effet, force est de constater qu’aussi longtemps que le soleil ne fonctionne pas, on ne peut pas parler de temps dans nos termes ; il est toutefois clair qu’il s’agit de laps de temps limités, surtout dans la lumière d’Ex 20,8-11 (V.S. Poythress, « Time in Genesis 1 », Westminster Theological Journal LXXIX (2017), pp. 213-241 (213-216, 223 !) ; W. Hilbrands, « Die Länge der Schöpfungstage. Eine exegetische und rezeptionsgeschichtliche Untersuchung von יוֹם (‘Tag’) in Gen 1,1–2,3 », Biblische Notizen CXLIX (2011), pp. 3-12) ; on retrouve ce rythme en Jubilés 2,1, 17.
- 47Remarquez l’importance de l’élément κτισ- pour opposer Dieu, le Créateur, aux rois hellénistiques qui étaient appelés κτίστης de villes spécifiques. Voir en particulier Judith 9,12 (Schmitz, op. cit. (n. 39), pp. 54-56 ; Ead., op. cit. (n. 68), pp. 65-68).
- 48Schmitz, op. cit. (n. 33), pp. 73-74, 77, accentue la relation des deux doctrines (cf. Rm 4,17) : « Wenn aus Tot Leben wird, dann ist Seiendes auch aus nicht Seiendem entstanden » (p. 74) ; « Schöpfung und Auferstehung sind zwei Paradoxa, die darauf zielen, von Gottes Allmacht und Souveränität zu erzählen – gerade vor den als übergriffig erfahrenen Machtansprüchen hellenistischer Herrscher » (p. 77). G.W. Lorein, « The Maccabees’ motives. What caused believers to maintain their identity in a time of crisis », in R. Lilleaasen et C. Sauer, sous dir., Religious Persecution. Perspectives from Theology and Missiology, Christians under Pressure. Studies in Discrimination and Persecution III, Bonn, VKW, 2025, pp. 93-114 (103-104 !).
- 49Même verbe qu’en Gn 2,7.
- 50La répétition de γένεσιν semble étrange ; faudrait-il appliquer une conjecture γένος (cf. J.T. Nelis, II Makkabeeën, BOT, Bussum, Romen, 1975, p. 171) ?
- 51Dans le sens d’« être humain ».
- 52Pas « découvrir » comme R. Doran, 2 Maccabees, Hermeneia, Minneapolis, Fortress, 2012, p. 160, le fait correctement remarquer !
- 53Plutôt génitif pluriel masculin que neutre, puisque partout dans ces versets il s’agit de l’humanité, et pas d’autres parties de la Création. Autrement F.-M. Abel, Les livres des Maccabées, EB, Paris, Gabalda, 1949, p. 377.
- 54Τοιγαροῦν ὁ τοῦ κόσμου κτίστης ὁ πλάσας ἀνθρώπου γένεσιν καὶ πάντων ἐξευρὼν γένεσιν καὶ τὸ πνεῦμα καὶ τὴν ζωὴν ὑμῖν πάλιν ἀποδίδωσιν μετʼ ἐλέους, ὡς νῦν ὑπερορᾶτε ἑαυτοὺς διὰ τοὺς αὐτοῦ νόμους.
- 55Plutarque, De animae procreatione 1014b : οὐ γὰρ ἐκ τοῦ μὴ ὄντος ἡ γένεσις.
- 56Lucrèce, De rerum natura I 150 (où le mot divinitus mettait bien évidemment tout croyant en garde) : nullam rem e nihilo gigni divinitus umquam.
- 57Cf. Bockmuehl, op. cit. (n. 40), pp. 254, 256, 270.
- 58Cf. J.C. VanderKam, « Made to Order: Creation in Jubilees », in L. Jenott et Sarit Kattan Gribetz, sous dir., Jewish and Christian Cosmogony in Late Antiquity, TSAJ CLV, Tübingen, Mohr Siebeck, 2013, pp. 23-38 (35-36, 38 !). Pour l’aspect philosophique : Janet Soskice, Naming God. Addressing the Divine in Philosophy, Theology and Scripture, Cambridge, UP, 2023, pp. 74-82.
- 59Πονηραί εἰσιν αἱ γυναῖκες.
- 60Avec les contreparties dans l’autre moitié de ces deux versets.
- 61(Γυνὴ) εὐσεβὴς δὲ δίδοται τῷ φοβουμένῳ τὸν Κύριον. Ἡ δὲ (γυνὴ) ἔχουσα αἰσχύνην τὸν Κύριον φοβηθήσεται.
- 62M. Gilbert, « Ben Sira et la femme », Revue théologique de Louvain VII (1976), pp. 426-442 (442 !).
- 63Voir Tobit 10.13 pour sa mère, Edna.
- 64Cf. IV Maccabées 4.9.
- 65Kαὶ εἰ θέλετε καθαρεύειν τῇ διανοίᾳ, φυλάσσετε τὰς αἰσθήσεις ἀπὸ πάσης θηλείας.
- 66Cf. 4Q271 fr. 3 8 : le fait que, si on donne sa fille en mariage, il faut mentionner tous les défauts, implique-t-il une attitude négative vis-à-vis d’une femme ou une honnêteté générale ?
- 67Selon J. Ribera-Florit, « Visió jueva sobre el matrimoni, celibat, divorci i adulteri a l’època intertestamentària », in A. Puig i Tàrrech, sous dir., El matrimoni i l’ús dels béns en la Bíblia, Scripta Biblica VIII, Tarragona (Associació bíblica de Catalunya) 2008, pp. 175-184 (182 !), cette tendance favorable au mariage était la tendance dominante.
- 68Ὁ κτώμενος γυναῖκα ἐνάρχεται κτήσεως, βοηθὸν κατʼ αὐτὸν καὶ στῦλον ἀναπαύσεως.
- 69Cf. I Esdras 4,37 : Les femmes sont décevantes (mais les hommes également !).
- 70Gilbert, op. cit. (n. 62), p. 442, fait référence à Ép 5,25 et Col 3,19 pour marquer le contraste avec l’enseignement du Nouveau Testament.
- 71Peut-être nous trouvons une référence à l’intelligence des femmes en 4Q502 fr. 1-3 7.
- 72Litt. « troisième ». Voir P.W. Skehan et A.A. Di Lella, The Wisdom of Ben Sira, Anchor Bible, New York, Doubleday, 1986, p. 365.
- 73Γλῶσσα τρίτη γυναῖκας ἀνδρείας ἐξέβαλεν καὶ ἐστέρεσεν αὐτὰς τῶν πόνων αὐτῶν.
- 74Il faut se demander si la série de Sirach 7,18-25 donne une place d’honneur à la femme ou est plutôt utilitaire, à côté de l’ami, du servant, du bétail et de la fille.
- 75Gilbert, op. cit. (n. 62), p. 442. Encore plus pessimiste A. Forte, « Male and Female in Ben Sira. What the Text Does and Does Not Say (Sir 25 : 13 – 26 : 18) », in Bonifatia Gesche, C. Lustig et G. Rabo, sous dir., Theology and Anthropology in the Book of Sirach, SCS LXXIII, Atlanta, SBL, 2020, pp. 173-185 (176, 181, 185 !).
- 76Si on parle de mariage, on peut également parler de divorce, bien que ceci ne soit pas le sujet de cette étude. Sirach 25,26 a une attitude très facile : il nous conseille d’achever votre épouse en quelques coups brefs si elle se comporte mal. Le Document de Damas semble permettre le divorce (CD xiii 17, certainement en combinaison avec 11QT liv 4-5 ; 4Q159 fr. 2-4 9-10), mais ne permet pas un second mariage (CD iv 20-21 ; 4QDf (4Q271) fr. 3 10-12 pourrait être interprété dans l’autre sens pour une veuve, mais il faut concéder que les données de Qumrân restent imprécises. Voir aussi Vered Noam, « Divorce in Qumran in Light of Early Halakhah », Journal of Jewish Studies LVI (2005), pp. 206-223) ; W. Loader, The Dead Sea Scrolls on Sexuality. Attitudes towards Sexuality in Sectarian and Related Literature at Qumran, Grand Rapids, Eerdmans, 2009, p. 169 ; J.J. Collins, « Divorce and Remarriage in the Damascus Document », in Michal Bar-Asher Siegal, T. Novick et Christine Hayes, sous dir., The Faces of Torah, JAJ Sup. XXII, Göttingen, V & R, 2017, pp. 81-94. Il est intéressant de voir comment Jésus réagit contre cette position dans Mc 10,2-12. D’autre part, il se positionne aussi, dans Jn 8,3-11, contre l’austérité des esséniens (É. Puech, « Essénisme et christianisme. Les Esséniens, Jean-Baptiste et Jésus », in Farah Mébarki et É. Puech, sous dir., Les manuscrits de la mer Morte, Rodez, Rouergue, 2002, pp. 189-215 (207 !).
- 77Cf. 5,21 : « Sœur », comme en 7,15 Raguël à Edna (parents de Sara).
- 78Le mot συμπεριφέρεσθαι indique l’importance d’une adaptation mutuelle. Vu les autres idées du verset, il ne faut pas penser à la relation sexuelle (contre Forte, op. cit. (n. 75), p. 176).
- 79והסירותה ׀ את שלמות שביה מעליה.
- 80לאשה לכה והיתה ובעלתה
- 81S.L. Adams, Social and Economic Life in Second Temple Judea, Louisville, Westminster John Knox, 2014, p. 73, fait remarquer que le verbe כבד ne parle pas de sentiments, mais d’actions concrètes pour le bien-être de la famille.
- 82Attention : on trouve souvent la traduction « Dieu », mais cela est une correction du texte proposée par les éditeurs – mera conjectura !
- 83.אמו כן לגבר וכאדנים אביהו כן לאיש כאב כי במצעדיכה ואמכה ׀ ברישכה אביכה כבוד
- 84Également 35,1 ; à Ésaü en 35,20. Cf. Tobit 1.8.
- 85Et qui, toujours soumise à Isaac, se montre plus sage que lui, selon W. Loader, Enoch, Levi, and Jubilees on Sexuality. Attitudes towards Sexuality in the Early Enoch Literature, the Aramaic Levi Document, and the Book of Jubilees, Grand Rapids, Eerdmans, 2007, p. 204.
- 86Cf. I Maccabées 1,60 ; IV Maccabées 4,25.
- 87Cf. Philon, De virtutibus 19, qui connaît clairement deux destinations différentes pour la vie active des hommes (la vie publique) et des femmes (la maison).
- 88Ecce periit mater ex Israel, et sancta que gerebat ducatum in domo Iacob, que obduravit sepem generationis sue. L’expression « mater ex Israel » vient de Jg 5,7 (Vulg. : « mater in Israhel »).
- 89Fort dénoncé par Flavius Josèphe (Antiquitates XIII 417), qui était quand même plutôt dans le camp pharisien, mais peut-être pour des raisons spécifiques qu’il ne mentionne pas. La Communauté de Qumrân n’était pas non plus favorable, mais là on doit penser à leur attitude vis-à-vis les Hasmonéens en général.
- 90Tal Ilan, Integrating Women into Second Temple History, TSAJ LXXVI, Tübingen, Mohr Siebeck, 1999, pp. 15-21, 31, 37, 77-79. Cette ouverture aux femmes ne se continuait pas chez les rabbins (op. cit., p. 81). Cf. n. 92. Dans le même sens, Jubilés combine une éthique sexuelle stricte avec une grande valorisation de la sexualité (W. Loader, op. cit. (n. 85), pp. 311-312 et passim ; cf. Id., op. cit. (n. 76), pp. 389-390).
- 91Μεγάλη ἡ ἀλήθεια καὶ ὑπερισχύει (I Esdras 4,41) – Magna veritas et praevalet (III Ezra 4,41). Cf. D.A. deSilva, Introducing the Apocrypha. Message, Context, and Significance, Grand Rapids, Baker, 2018², p. 322.
- 92Bernadette J. Brooten, Women Leaders in the Ancient Synagogue, Brown Judaic Studies XXXVI, Chico, Scholars, 1982, pp. 26, 53. Sur base des données archéologiques, on conclut qu’il n’y avait pas de séparation entre hommes et femmes comme dans les bâtiments plus récents (J.P. Garcia, « What We Can Learn from Women’s Roles in Ancient Synagogues », in Celina Durgin et D. Johnson, sous dir., The Biblical World of Gender. The Daily Lives of Ancient Women and Men, Eugene, Wipf and Stock, 2022, pp. 22-29 (26-28 !).
- 93Brooten, op. cit. (n. 92), pp. 73-99.
- 94Voir le paragraphe VII de cet article, p. 21.
- 95On cite 4Q159 fr. 2-4 6-7, mais ce texte interdit qu’une femme porte des vêtements d’homme et l’inverse ; c’est autre chose, cela ne dit rien sur l’homosexualité. On cite, pour Philon, des textes sur l’effémination, mais de temps en temps ces textes semblent plutôt présenter une critique de la femme (de certaines femmes) avec laquelle nous ne pouvons pas être d’accord.
- 96Laissant de côté – malheureusement – les textes conservés seulement en paléoslave, puisque nous ne savons pas lire cette langue et qu’il est absolument nécessaire d’aller aux textes mêmes (ad fontes ; voir le paragraphe VII de cet article, p. 21). Dans cette catégorie, la version longue de II Énoch 34 pourrait être intéressante, mais il faut tenir compte de l’incertitude concernant la date des différentes versions.
- 97Cf. Loader, o.c. (n. 76), p. 390. Id., op. cit., p. 361 fait néanmoins référence à l’interdiction trouvée en 4Q270 fr. 2 ii 16-17 avec 6Q15 fr. 5 3-4, mais il faut tenir compte que les deux textes – appartenant au Document de Damas, sans figurer en CD – sont défectueux.
- 98W. Rose, « « Je vrouw nog maagd… ». Over Virro en andere mannen uit de oudheid die niet seksueel functioneren met een vrouw », in A. de Bruijne, R. van Houwelingen et J. Klok, sous dir., Gevarieerde oogst (Fs. E.A. de Boer), Amsterdam, Buijten & Schipperheijn, 2024, pp. 343-354 (344-351 !), fait surtout référence à Martial (Rome, fin Ier s. apr. J.-C.), Épigrammes VII 58, et à Juvénal (Rome, fin Ier – début IInd siècle apr. J.-C.), Satires IX.
- 99D. Instone-Brewer, « Evidence of Non Heterosexual Inclinations », in T.A. Noble, Sara K. Whittle et P.S. Johnston, Marriage, Family and Relationships. Biblical, doctrinal and contemporary perspectives, London, Apollos IVP, 2017, pp. 138-154 (138, 145-146, 152-154 !).
- 100C.A. Williams, Roman Homosexuality, Oxford, UP, 1999, pp. 279-286 ; W.H. Rose, « Een ander verhaal over homoseksuele relaties in de oudheid », https ://www.onderwegonline.nl/app/uploads/2015/10/Eerste-reactie-Wolter-Rose.pdf (septembre 2015 ; consulté dernièrement le 30 juin 2025), pp. 2-6 ; G. Gellérfi, « Nubit amicus. Same-sex weddings in Imperial Rome », Graeco-Latina Brunensia XXV (2020), pp. 89-100 (95-98 !). On peut faire référence à Martial, Épigrammes I 24 et XII 42 ; Juvénal, Satires II 117-142. Des références à Tacite, Annales XV 37 (in fine) et Suétone, Néron 28-29, sont déclinées par Gellérfi, op. cit., pp. 94-97, comme décrivant des situations trop extravagantes.
- 101Les pharisiens ne l’ont pas inventé : comment auraient-ils pu ? A.S. van der Woude, « Pluriformity and Uniformity. Reflections on the Transmission of the Text of the Old Testament », in J.N. Bremmer et F. García Martínez, sous dir., Sacred History and Sacred Texts in Early Judaism, CBET V, Kampen, Kok, 1992, pp. 151-169 (162 !).
- 102Les pharisiens ne l’ont pas inventé : comment auraient-ils pu ? A.S. van der Woude, « Pluriformity and Uniformity. Reflections on the Transmission of the Text of the Old Testament », in J.N. Bremmer et F. García Martínez, sous dir., Sacred History and Sacred Texts in Early Judaism, CBET V, Kampen, Kok, 1992, pp. 151-169 (162 !).
- 103Les pharisiens ne l’ont pas inventé : comment auraient-ils pu ? A.S. van der Woude, « Pluriformity and Uniformity. Reflections on the Transmission of the Text of the Old Testament », in J.N. Bremmer et F. García Martínez, sous dir., Sacred History and Sacred Texts in Early Judaism, CBET V, Kampen, Kok, 1992, pp. 151-169 (162 !).
- 104Les pharisiens ne l’ont pas inventé : comment auraient-ils pu ? A.S. van der Woude, « Pluriformity and Uniformity. Reflections on the Transmission of the Text of the Old Testament », in J.N. Bremmer et F. García Martínez, sous dir., Sacred History and Sacred Texts in Early Judaism, CBET V, Kampen, Kok, 1992, pp. 151-169 (162 !).
- 105Les pharisiens ne l’ont pas inventé : comment auraient-ils pu ? A.S. van der Woude, « Pluriformity and Uniformity. Reflections on the Transmission of the Text of the Old Testament », in J.N. Bremmer et F. García Martínez, sous dir., Sacred History and Sacred Texts in Early Judaism, CBET V, Kampen, Kok, 1992, pp. 151-169 (162 !).
- 106Les pharisiens ne l’ont pas inventé : comment auraient-ils pu ? A.S. van der Woude, « Pluriformity and Uniformity. Reflections on the Transmission of the Text of the Old Testament », in J.N. Bremmer et F. García Martínez, sous dir., Sacred History and Sacred Texts in Early Judaism, CBET V, Kampen, Kok, 1992, pp. 151-169 (162 !).
- 107Les pharisiens ne l’ont pas inventé : comment auraient-ils pu ? A.S. van der Woude, « Pluriformity and Uniformity. Reflections on the Transmission of the Text of the Old Testament », in J.N. Bremmer et F. García Martínez, sous dir., Sacred History and Sacred Texts in Early Judaism, CBET V, Kampen, Kok, 1992, pp. 151-169 (162 !).
- 108Les pharisiens ne l’ont pas inventé : comment auraient-ils pu ? A.S. van der Woude, « Pluriformity and Uniformity. Reflections on the Transmission of the Text of the Old Testament », in J.N. Bremmer et F. García Martínez, sous dir., Sacred History and Sacred Texts in Early Judaism, CBET V, Kampen, Kok, 1992, pp. 151-169 (162 !).
- 109Les pharisiens ne l’ont pas inventé : comment auraient-ils pu ? A.S. van der Woude, « Pluriformity and Uniformity. Reflections on the Transmission of the Text of the Old Testament », in J.N. Bremmer et F. García Martínez, sous dir., Sacred History and Sacred Texts in Early Judaism, CBET V, Kampen, Kok, 1992, pp. 151-169 (162 !).
- 110Les pharisiens ne l’ont pas inventé : comment auraient-ils pu ? A.S. van der Woude, « Pluriformity and Uniformity. Reflections on the Transmission of the Text of the Old Testament », in J.N. Bremmer et F. García Martínez, sous dir., Sacred History and Sacred Texts in Early Judaism, CBET V, Kampen, Kok, 1992, pp. 151-169 (162 !).
- 111Reiterer, op. cit. (n. 2), pp. 131-133, 138-139, 142, 161. Même à Qumrân, où on constate une certaine facilité concernant l’exactitude des textes ; néanmoins, pour les manuscrits les plus officiels, on est proche du texte massorétique (comme dans les manuscrits venant d’autres localités du désert de Judée) : E. Tov, « ‘Luxury Scrolls’ from the Judean Desert », in G.S. Oegema, H.W. Morisada Rietz et L.T. Stuckenbruck, sous dir., Fountains of Wisdom (Fs. J.H. Charlesworth), London, T & T Clark, 2022, pp. 421-432. Cf. le paragraphe
- 112Reiterer, op. cit. (n. 2), pp. 131-133, 138-139, 142, 161. Même à Qumrân, où on constate une certaine facilité concernant l’exactitude des textes ; néanmoins, pour les manuscrits les plus officiels, on est proche du texte massorétique (comme dans les manuscrits venant d’autres localités du désert de Judée) : E. Tov, « ‘Luxury Scrolls’ from the Judean Desert », in G.S. Oegema, H.W. Morisada Rietz et L.T. Stuckenbruck, sous dir., Fountains of Wisdom (Fs. J.H. Charlesworth), London, T & T Clark, 2022, pp. 421-432. Cf. le paragraphe
- 113Reiterer, op. cit. (n. 2), pp. 131-133, 138-139, 142, 161. Même à Qumrân, où on constate une certaine facilité concernant l’exactitude des textes ; néanmoins, pour les manuscrits les plus officiels, on est proche du texte massorétique (comme dans les manuscrits venant d’autres localités du désert de Judée) : E. Tov, « ‘Luxury Scrolls’ from the Judean Desert », in G.S. Oegema, H.W. Morisada Rietz et L.T. Stuckenbruck, sous dir., Fountains of Wisdom (Fs. J.H. Charlesworth), London, T & T Clark, 2022, pp. 421-432. Cf. le paragraphe
- 114Reiterer, op. cit. (n. 2), pp. 131-133, 138-139, 142, 161. Même à Qumrân, où on constate une certaine facilité concernant l’exactitude des textes ; néanmoins, pour les manuscrits les plus officiels, on est proche du texte massorétique (comme dans les manuscrits venant d’autres localités du désert de Judée) : E. Tov, « ‘Luxury Scrolls’ from the Judean Desert », in G.S. Oegema, H.W. Morisada Rietz et L.T. Stuckenbruck, sous dir., Fountains of Wisdom (Fs. J.H. Charlesworth), London, T & T Clark, 2022, pp. 421-432. Cf. le paragraphe
- 115Reiterer, op. cit. (n. 2), pp. 131-133, 138-139, 142, 161. Même à Qumrân, où on constate une certaine facilité concernant l’exactitude des textes ; néanmoins, pour les manuscrits les plus officiels, on est proche du texte massorétique (comme dans les manuscrits venant d’autres localités du désert de Judée) : E. Tov, « ‘Luxury Scrolls’ from the Judean Desert », in G.S. Oegema, H.W. Morisada Rietz et L.T. Stuckenbruck, sous dir., Fountains of Wisdom (Fs. J.H. Charlesworth), London, T & T Clark, 2022, pp. 421-432. Cf. le paragraphe
- 116Reiterer, op. cit. (n. 2), pp. 131-133, 138-139, 142, 161. Même à Qumrân, où on constate une certaine facilité concernant l’exactitude des textes ; néanmoins, pour les manuscrits les plus officiels, on est proche du texte massorétique (comme dans les manuscrits venant d’autres localités du désert de Judée) : E. Tov, « ‘Luxury Scrolls’ from the Judean Desert », in G.S. Oegema, H.W. Morisada Rietz et L.T. Stuckenbruck, sous dir., Fountains of Wisdom (Fs. J.H. Charlesworth), London, T & T Clark, 2022, pp. 421-432. Cf. le paragraphe
- 117Reiterer, op. cit. (n. 2), pp. 131-133, 138-139, 142, 161. Même à Qumrân, où on constate une certaine facilité concernant l’exactitude des textes ; néanmoins, pour les manuscrits les plus officiels, on est proche du texte massorétique (comme dans les manuscrits venant d’autres localités du désert de Judée) : E. Tov, « ‘Luxury Scrolls’ from the Judean Desert », in G.S. Oegema, H.W. Morisada Rietz et L.T. Stuckenbruck, sous dir., Fountains of Wisdom (Fs. J.H. Charlesworth), London, T & T Clark, 2022, pp. 421-432. Cf. le paragraphe
- 118Reiterer, op. cit. (n. 2), pp. 131-133, 138-139, 142, 161. Même à Qumrân, où on constate une certaine facilité concernant l’exactitude des textes ; néanmoins, pour les manuscrits les plus officiels, on est proche du texte massorétique (comme dans les manuscrits venant d’autres localités du désert de Judée) : E. Tov, « ‘Luxury Scrolls’ from the Judean Desert », in G.S. Oegema, H.W. Morisada Rietz et L.T. Stuckenbruck, sous dir., Fountains of Wisdom (Fs. J.H. Charlesworth), London, T & T Clark, 2022, pp. 421-432. Cf. le paragraphe
- 119Reiterer, op. cit. (n. 2), pp. 131-133, 138-139, 142, 161. Même à Qumrân, où on constate une certaine facilité concernant l’exactitude des textes ; néanmoins, pour les manuscrits les plus officiels, on est proche du texte massorétique (comme dans les manuscrits venant d’autres localités du désert de Judée) : E. Tov, « ‘Luxury Scrolls’ from the Judean Desert », in G.S. Oegema, H.W. Morisada Rietz et L.T. Stuckenbruck, sous dir., Fountains of Wisdom (Fs. J.H. Charlesworth), London, T & T Clark, 2022, pp. 421-432. Cf. le paragraphe
- 120Reiterer, op. cit. (n. 2), pp. 131-133, 138-139, 142, 161. Même à Qumrân, où on constate une certaine facilité concernant l’exactitude des textes ; néanmoins, pour les manuscrits les plus officiels, on est proche du texte massorétique (comme dans les manuscrits venant d’autres localités du désert de Judée) : E. Tov, « ‘Luxury Scrolls’ from the Judean Desert », in G.S. Oegema, H.W. Morisada Rietz et L.T. Stuckenbruck, sous dir., Fountains of Wisdom (Fs. J.H. Charlesworth), London, T & T Clark, 2022, pp. 421-432. Cf. le paragraphe
- 121G.W. Lorein, « De verhouding tussen aannemer en bewoners tijdens verbouwingswerken. Leiders en gemeenschap in Ezra 7 – Nehemia 13 », in P. Boersema, J. Hoek, M.-J. Paul et Maria Verhoeff, sous dir., Gezag in beweging. Kerkelijk leiderschap tussen tekst en context, Heerenveen, Protestantse Pers, 2008, pp. 144-157 (148-149 !).
- 122G.W. Lorein, « De verhouding tussen aannemer en bewoners tijdens verbouwingswerken. Leiders en gemeenschap in Ezra 7 – Nehemia 13 », in P. Boersema, J. Hoek, M.-J. Paul et Maria Verhoeff, sous dir., Gezag in beweging. Kerkelijk leiderschap tussen tekst en context, Heerenveen, Protestantse Pers, 2008, pp. 144-157 (148-149 !).
- 123G.W. Lorein, « De verhouding tussen aannemer en bewoners tijdens verbouwingswerken. Leiders en gemeenschap in Ezra 7 – Nehemia 13 », in P. Boersema, J. Hoek, M.-J. Paul et Maria Verhoeff, sous dir., Gezag in beweging. Kerkelijk leiderschap tussen tekst en context, Heerenveen, Protestantse Pers, 2008, pp. 144-157 (148-149 !).
- 124G.W. Lorein, « De verhouding tussen aannemer en bewoners tijdens verbouwingswerken. Leiders en gemeenschap in Ezra 7 – Nehemia 13 », in P. Boersema, J. Hoek, M.-J. Paul et Maria Verhoeff, sous dir., Gezag in beweging. Kerkelijk leiderschap tussen tekst en context, Heerenveen, Protestantse Pers, 2008, pp. 144-157 (148-149 !).
- 125G.W. Lorein, « De verhouding tussen aannemer en bewoners tijdens verbouwingswerken. Leiders en gemeenschap in Ezra 7 – Nehemia 13 », in P. Boersema, J. Hoek, M.-J. Paul et Maria Verhoeff, sous dir., Gezag in beweging. Kerkelijk leiderschap tussen tekst en context, Heerenveen, Protestantse Pers, 2008, pp. 144-157 (148-149 !).
- 126G.W. Lorein, « De verhouding tussen aannemer en bewoners tijdens verbouwingswerken. Leiders en gemeenschap in Ezra 7 – Nehemia 13 », in P. Boersema, J. Hoek, M.-J. Paul et Maria Verhoeff, sous dir., Gezag in beweging. Kerkelijk leiderschap tussen tekst en context, Heerenveen, Protestantse Pers, 2008, pp. 144-157 (148-149 !).
- 127G.W. Lorein, « De verhouding tussen aannemer en bewoners tijdens verbouwingswerken. Leiders en gemeenschap in Ezra 7 – Nehemia 13 », in P. Boersema, J. Hoek, M.-J. Paul et Maria Verhoeff, sous dir., Gezag in beweging. Kerkelijk leiderschap tussen tekst en context, Heerenveen, Protestantse Pers, 2008, pp. 144-157 (148-149 !).
- 128G.W. Lorein, « De verhouding tussen aannemer en bewoners tijdens verbouwingswerken. Leiders en gemeenschap in Ezra 7 – Nehemia 13 », in P. Boersema, J. Hoek, M.-J. Paul et Maria Verhoeff, sous dir., Gezag in beweging. Kerkelijk leiderschap tussen tekst en context, Heerenveen, Protestantse Pers, 2008, pp. 144-157 (148-149 !).
- 129G.W. Lorein, « De verhouding tussen aannemer en bewoners tijdens verbouwingswerken. Leiders en gemeenschap in Ezra 7 – Nehemia 13 », in P. Boersema, J. Hoek, M.-J. Paul et Maria Verhoeff, sous dir., Gezag in beweging. Kerkelijk leiderschap tussen tekst en context, Heerenveen, Protestantse Pers, 2008, pp. 144-157 (148-149 !).
- 130G.W. Lorein, « De verhouding tussen aannemer en bewoners tijdens verbouwingswerken. Leiders en gemeenschap in Ezra 7 – Nehemia 13 », in P. Boersema, J. Hoek, M.-J. Paul et Maria Verhoeff, sous dir., Gezag in beweging. Kerkelijk leiderschap tussen tekst en context, Heerenveen, Protestantse Pers, 2008, pp. 144-157 (148-149 !).