Deux messies? Pistes exégétiques pour comprendre l’expression בני־היצהר (béneï-hayits’ar) dans Zacharie 4,14

par Michaël de Luca,
professeur de langues bibliques, FJC, Aix-en-Provence
Résumé par l’IA Euria (https://news.infomaniak.com/euria-assistant-ia-souverain/).

L’étude examine Zacharie 4,14, où l’expression unique « fils de l’huile » (בני־היצהר) suscite des interprétations variées. Bien que souvent traduite par « deux oints » ou « deux messies », cette lecture est problématique : le terme יצהר désigne l’huile fraîchement pressée, non l’huile d’onction (שֶׁמֶן), et l’expression « fils de » en hébreu indique une qualité ou une fonction, pas une onction. Dans le contexte de la vision du chandelier et des deux oliviers, les « fils de l’huile » sont probablement des pourvoyeurs, non des récepteurs. Les commentateurs modernes comme Boda suggèrent qu’il s’agit d’Aggée et Zacharie eux-mêmes, prophètes nourrissant le peuple en esprit. Une lecture néotestamentaire, via Apocalypse 11,4, les identifie à Moïse et Élie — symboles de la Loi et des Prophètes — qui alimentent la lumière divine. Cette interprétation rend mieux compte de la spécificité du terme et du rôle prophétique dans la restauration du Temple. Ainsi, les deux personnages ne sont pas des rois ou prêtres oints, mais des médiateurs de la révélation divine. La traduction « pourvoyeurs d’huile » est donc plus fidèle au texte et à son symbolisme : ils assurent le flux de l’Esprit pour éclairer Israël.

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Introduction (genèse de cette étude)1 Cet article est la version longue d’une contribution publiée en néerlandais dans un ouvrage collectif en l’honneur du professeur Mart-Jan Paul : « Messiaanse ‘Joodse’ verwachtingen in Zacharia: één of twee messiassen? », in Bevrijding en verwachting. Over de verhouding tussen beide testamenten, Koert van Bekkum, Henk van den Belt, Hans van den Herik (éds), Labarum Academic, 2025, pp. 66-76. Publié avec l’aimable autorisation des éditeurs. Mart-Jan Paul fut mon directeur de recherche durant mes années d’étude doctorale à l’Evangelisch Theologish Faculteit de Louvain (Leuven) dans le département d’Ancien Testament.

Pour la préparation d’un cours sur les Douze Prophètes, je relisais le livre de Zacharie dans une Bible d’étude juive messianique : la Bible Juive Complète dont le texte de base est celui de la traduction de David Stern2 The Complete Jewish Study Bible, Hendrickson publishers, 2016, basée sur la traduction de David Stern (1996) avec des notes éditées par Barry A. Rubin, John Fischer, Rick Brown, Michelle Rapkin et Patricia Anders.. En lisant le verset de Zacharie 4,14 et les commentaires associés, j’ai été interpellé3 Le texte de la traduction dit ceci : « Those are the two who have been anointed with oil; they are standing with the Lord of all the land ». (italiques ajoutées).. Je n’avais jamais vraiment remarqué que « deux messies » se trouvaient annoncés dans le livre de Zacharie4 En fin de section, au chapitre 9 de Zacharie, un encadré intitulé « Two Messiahs? » commente ainsi : « In Zechariah, two messianic figures – the high priest and the messianic king – are depicted », et plus loin : « In their depictions of the Messiah, the rabbis formulated the doctrine of Messiah ben Yosef, who would precede the King-Messiah, Messiah ben David ». Le premier étant la figure du messie souffrant précédant l’avènement du messie glorieux à la fin des temps. Cf. The Complete Jewish Study Bible, p. 882. C’est cette notice qui a été le point de départ de ma réflexion au sujet du verset de Zacharie 4,14 et qui est à l’origine du titre de cet article.. Un commentaire en encadré dans cette Bible d’étude expliquait que ce verset et les suivants pouvaient être reliés, dans la tradition juive, aux prophéties relatives au messie souffrant et au messie glorieux, ces deux figures étant ultimement liées au Messie Yechoua/Jésus Christ venu une première fois pour souffrir et racheter son peuple et qui reviendra en gloire pour le rétablir. J’ai trouvé cette interprétation intéressante et j’ai eu envie d’en savoir plus.

Mon premier réflexe fut alors d’aller consulter Zacharie 4,14 dans le texte hébreu. En lisant ce verset, je trouvais l’expression בני־היצהר (béneï-hayits’ar) ce qui me laissa perplexe, car cette expression m’était inconnue. Elle signifie très littéralement « fils de l’huile ». D’après ce que j’avais lu, je m’attendais plutôt à trouver quelque chose comme משחים (méshourhim) « messies/étant oints » qui correspond à la racine משח (masharh) « oindre ». Mais il n’y avait rien en référence à cette racine, ni même le mot שמן (shémén) qui est le mot habituel pour désigner l’huile (d’olive) et aussi l’huile d’onction, celle qui sert à consacrer les éléments. La nécessité s’imposait donc d’étudier plus en détail l’expression בני־היצהר (béneï-hayits’ar) pour en cerner le sens et l’emploi dans le contexte du livre de Zacharie.

L’expression  בני־היצהר

L’expression בני־היצהר (béneï-hayits’ar) est unique dans la Bible hébraïque même si les mots qui la composent sont connus et facilement identifiables.

Le mot יצהר (yits’ar) désigne l’huile fraîchement pressée5 Tidiman écrit : « Le mot utilisé ici désigne l’huile fraîche, non transformée […] », Brian Tidiman, Le livre de Zacharie, Édifac, Vaux-sur-Seine, 1996, p. 132. Boda traduit littéralement ce terme « unmanufactured oil » et il précise « the word is not the one used for anointing elsewhere in the Old Testament », « […] this term is more closely associated with the oil in its state fresh off the tree, which would be appropriate for the scene in Zechariah 4, where the oil is provided directly by olive-pressers from the olive trees to the lampstand », Mark J. Boda, The Book of Zechariah, New International Commentary on the Old Testament (NICOT), Eerdmans, Grand Rapids MI, 2016, p. 313 et p. 316.. C’est celle qui est généralement apportée comme offrande des prémisses dans le Temple6 C’est le cas dans le Premier temple (cf. Nb 18,12) et dans le Second temple (cf. Ne 13,5.12).. Elle symbolise l’abondance et la pureté – elle est appelée זהב (za’av) (or) dans Zacharie chapitre 4. On utilise le mot plus courant שמן (shémén) – qui signifie aussi « huile » et tout ce qui est gras – pour les rites d’onction7 Dès le récit de Genèse, Jacob utilise de l’huile pour oindre une pierre spéciale (Gn 28,18).. En Exode 29, par exemple, il est question de « l’huile d’onction » (שמן המשחה (shémén hamishrhah) que Moïse utilise pour oindre Aaron et ses fils. Le premier constat est donc que le mot יצהר (yits’ar) ne désigne pas, a priori, l’huile d’onction.

Le mot בן (bén) signifie « fils », mais ce qui est intéressant c’est la façon dont il est employé à l’état construit « fils de » (au pluriel dans notre texte בני־, béneï). Cet emploi idiomatique en hébreu n’a pas directement à voir avec l’engendrement mais désigne la qualité de quelque chose ou de quelqu’un8 « Besides the common ‘son’, בן also functions with substantives and words describing characteristics to express a relationship appropriate to the sense of the adjunctive word », Thomas E. McComiskey, « Zechariah », in The Minor Prophets. A Commentary on Zephaniah, Haggai, Zechariah, Malachi, Thomas E. McComiskey (éds), Baker Academic, Grand Rapids MI, 1998, p. 1092.. Prenons quelques exemples. En hébreu, on désigne communément l’âge de quelqu’un avec l’expression « fils de tant d’années ». Par exemple, à la fin de la Genèse, Joseph est mort quand il était בן־מאה ועשר שנים (bén méah va’ésèr shanim) (littéralement « fils de cent dix ans »). Cette expression peut aussi désigner une qualité comme la force : en 2 Samuel 17,10 les hommes de David sont « fils de force » בן־חיל (bén rhayil) (traduit par « vaillants »). Elle peut aussi désigner un produit ou un processus comme la croissance : en Jonas 4,10 la plante qui a poussé en une nuit est dite בנ־לילה (bén laïlah) littéralement « fils d’une nuit » (produite en une nuit).

Quand les deux mots sont mis ensemble, on obtient l’expression originale « fils de l’huile », ce qui « a le caractère de l’huile », ce qui est « huileux », même si cette dernière traduction ne serait pas appropriée car cette expression caractérise deux personnages auxquels il est fait allusion dans ce verset de Zacharie. Le fait est que, si l’on pense à quelqu’un qui « a le caractère de l’huile », on pense immédiatement à l’huile d’onction et au fait d’être oint, alors même que ce n’est pas le bon terme qui est employé ici.

Il faut donc se demander à cette étape : est-ce que l’expression בני־היצהר (béneï-hayits’ar) désigne le fait de recevoir l’huile (en référence à une onction) ou le fait de produire ou de porter l’huile ? Ce qui nous amène à considérer de plus près cette expression dans le contexte de Zacharie chapitre 4.

Le contexte de Zacharie 4,14

Zacharie est un livre notoirement difficile à interpréter du fait de son style composé de visions « apocalyptiques ». Zacharie est un prophète de l’époque du retour d’Exil, contemporain du prophète Aggée. Ces deux prophètes ont en commun d’encourager le peuple et ses dirigeants dans la lourde tâche qui leur incombe de rebâtir le Temple, malgré les difficultés et les lenteurs. Le livre de Zacharie se structure en différentes visions reçues par le prophète, notamment concernant le grand prêtre Josué (au chapitre 3) et Zorobabel le gouverneur. Dans la sixième vision, au chapitre 4, l’ange montre au prophète un chandelier d’or entouré de deux oliviers. Le prophète demande (verset 4) quelle est cette vision et l’ange semble étonné de sa question (verset 5). Pourtant, le prophète insiste au verset 11 en demandant « que sont ces deux oliviers ? » et il précise encore sa question au verset 12 en disant : « que sont les deux rameaux d’oliviers (שבלי־הזיתים, shibaleï hazétim) qui sont près des deux tubes d’or d’où découle l’or (זהב, za’av) ? ». Encore une fois l’ange est étonné de cette question et lui dit « ne sais-tu pas ce qu’ils sont ? », comme si Zacharie était censé savoir de façon évidente de quoi (ou de qui) il s’agit9 La répétition de la question (trois fois) révèle l’incompréhension du prophète face aux détails de cette vision, alors que la répétition de la réponse de l’ange (deux fois) semble indiquer que la référence devrait être évidente. Pourtant, comme l’écrit Tidiman : « La réponse de l’ange est à la fois éclairante et énigmatique », « […], aucune identité explicite n’est donnée aux deux oliviers » Tidiman, Le livre de Zacharie, pp. 131-132.. Vient alors la réponse de l’ange au verset 14 : « Ce sont les deux fils de l’huile qui se tiennent debout devant le Seigneur de toute la terre ».

Plusieurs éléments de cette vision sont symboliques, mais leur symbolique n’est pas forcément si évidente à comprendre. Le chandelier alimenté d’huile fait penser à la menorah placée dans le Temple et que les prêtres lévites avaient pour fonction de maintenir allumée perpétuellement (cf. Nombres 4,16). Le symbole de l’olivier peut faire référence à Israël en tant que peuple, ou à un individu en particulier10 Les deux références se trouvent par exemple dans le chapitre 11 de Jérémie : au v. 16a le peuple est comparé à un olivier et au v. 19b il est fait allusion au prophète comme d’un « arbre ».. Comme il y a deux oliviers dans la vision de Zacharie et que ces deux oliviers sont deux fils de l’huile qui se tiennent en présence de Dieu, on pense plus naturellement à deux personnages. Mais lesquels ?

Comme il est question de Zorobabel dans ce chapitre (versets 6, 7, 9, 10), il semble évident de l’inclure comme l’un des deux fils de l’huile, auquel vient s’ajouter Josué le grand prêtre qui est l’objet de la vision précédente au chapitre 3. Par ailleurs, l’association implicite entre les deux hommes (le sacrificateur Josué et le « germe » royal) au chapitre 6 ne fait que renforcer l’idée que les deux oliviers représentent ces deux hommes. C’est d’ailleurs l’interprétation habituelle, comme en témoignent certains commentaires bibliques11 Voir par exemple le commentaire de Barker, qui ne fait aucune mention de la problématique autour du mot יצהר (yits’ar) et admet que l’expression se réfère à l’onction de ces deux personnages : « […] The two olive branches are implicitly identified as Zerubbabel, a member of the line of David, and Joshua the high priest. In the light of the context (chs. 3-4), they must be ‘the two who are anointed to serve the Lord’ » (italiques ajoutées), Kenneth L. Barker, « Zechariah », in Daniel – Malachi, Tremper Longman, David Garland (éds), The Expositor’s Bible Commentary 8, Zondervan, Grand Rapids MI, 2008, p. 762.. Hill propose ainsi de traduire l’expression בני־היצהר (béneï-hayits’ar) par « two anointed ones or messiah figures » en soulignant la portée messianique « amoindrie » de ce terme12 « The verb anointed (litt. ‘sons of oil’) indicates that these two figures are ‘consecrated with oil’. This expression differs from the more common term for anointing or anointed one (Heb. msh, masiah), downplaying the messianic implications of the vision, while signalling the divine appointment of these post-exilic leaders. […]. The fact that Zerubbabel may not have been an anointed official makes the identification of the two trees with Joshua and Zerubbabel problematic for some interpreters » (italiques ajoutées), Andrew E. Hill, Haggai, Zechariah and Malachi, Tyndale Old Testament Commentaries (TOTC) 28, InterVarsity Press, Downers Grove, Il, 2012, pp. 161-162.. Dans ce cas, traduire par « oints » implique d’admettre que l’expression בני־היצהר (béneï-hayits’ar) est un euphémisme pour le terme commun משיח (mashi’arh) « messie », ce qui n’est pas forcément évident. En effet, si on peut imaginer que Josué était oint en sa qualité de grand prêtre, il est peu probable que Zorobabel ait été oint, n’étant pas prince ni roi, quoi que de descendance davidique. Si néanmoins l’expression « fils de l’huile » entend s’appliquer à Zorobabel, il faut alors supposer que la vision du prophète décrit quelque chose de l’ordre de l’onction « spirituelle » pour ces deux personnages, pour leur assurer la capacité de mener le peuple dans sa tâche13 Comme le souligne McComiskey, la résolution du problème est simple et consiste à considérer que Zorobabel, étant de la lignée de David et un leader reconnu de la communauté, devait ou aurait dû ou aurait pu être oint ou du moins considéré prophétiquement comme « oignable » même si rien dans le texte ne l’indique explicitement (ce qui fait beaucoup d’implicite, il est vrai). Si on admet cette hypothèse, alors comme l’écrit l’auteur : « If we follow this latter view, the ‘sons of oil’ are likely Joshua the high priest and Zerubbabel the civil leader […], the designation ‘sons of oil’ may refer to the two leaders, who were to one degree or another associated with anointing. […]. The avoidance of the term semen in this verse may be a literary device… », McComiskey, The Minor Prophets, p. 1093..

En résumé à ce stade, nous pourrions dire que le contexte littéraire immédiat de Zacharie 4,14 pousse naturellement le lecteur à identifier les deux fils de l’huile à Zorobabel et Josué, mais les interprétations divergent si l’on considère que l’expression signifie « pourvoir » et non « recevoir » l’huile.

Interprétations modernes de Zacharie 4,14

Boda, dans son commentaire sur Zacharie, propose de considérer les deux personnages de notre passage comme étant des « pourvoyeurs » d’huile et non pas des « récepteurs »14 « In 4:12, the focus shifts from the olive trees as a whole to a particular part of the olive trees (branches) and then to oil pressers emptying oil from the olives. In this way, the two human figures who are identified in 4:14 are not identified with the olive trees as a whole, but with their branches, and possibly only with oil pressers who are squeezing oil from the olives on the branches », et plus loin il développe : « Past scholarship has often assumed that the sons here are the recipients of oil, thus treating this phrase as equivalent to ‘anointed ones’, […]. However, it is also clear that these olive trees, branches, and oil-pressers are providing oil, rather than receiving oil », (italiques ajoutées) Boda, The Book of Zechariah, p. 312 et pp. 314-315.. Dans cette optique, il développe l’interprétation selon laquelle c’est essentiellement le ministère prophétique qui était considéré comme pourvoyeur de l’onction d’huile, et ainsi il tend à identifier les deux oliviers aux deux prophètes contemporains de Zorobabel, à savoir Aggée et Zacharie lui-même. Cette identification est renforcée, selon l’auteur, par le fait que ces deux personnages se tiennent dans la présence du « Seigneur de toute la terre », ce qui fait sans doute référence au conseil de Dieu où d’autres prophètes ont pu se tenir eux aussi (cf. Michée en 1 Rois 22 ou Ésaïe 6)15 Boda, The Book of Zechariah, pp. 314-315..

Ce développement est intéressant et possède le mérite de reconsidérer la lecture immédiate et « naturelle » pour prendre au sérieux l’aspect spécifique du terme יצהר (yits’ar). Pour autant, il nous semble que la perspective néo-testamentaire pourrait venir éclairer encore davantage cette interprétation. Mais avant cela, faisons un détour par les réceptions plus anciennes de ce texte.

Interprétations dans la tradition

Dans la tradition midrashique juive, les deux fils de l’huile de Zacharie 4,14 sont généralement associés à Aaron et David, dans la perspective de leur onction sacerdotale et royale16 Bamidbar Rabbah 14,13 rapproche notre passage de Lévitique 7,35, l’onction d’Aaron et ses fils et plus loin dans Bamidbar Rabbah 18,16 nous lisons : « Moreover, it is written: ‘He said: These are the two anointed dignitaries [benei hayitzhar], who attend the Lord of the entire land’ » (Zechariah 4,14). Does oil have children? Rather, these are Aaron and David, who were anointed with anointing oil. Aaron took the priesthood, and David, the kingship ». Cf. Midrash Lekach Tov, sur Lévitique 7:35:1 :
אלה שני בני היצהר העומדים על אדון כל הארץ זה אהרן ודוד. Consulté en octobre 2024 sur le site Sefaria : https://www.sefaria.org/Zechariah.4.14.
. Un seul midrash les rapproche de Moïse et Aaron17 Shemot Rabbah 15,3.. Mais dans chaque cas, l’expression בני־היצהר (béneï-hayits’ar) est comprise comme faisant référence au rite d’onction et à sa continuité18 Midrash Tanchuma, Korach 12,1 : « ‘Two anointed ones’ (Zechariah 4,14). These are David and Aharon who were anointed with the anointing oil, such that their anointing was for [all] the generations. With Aharon, it is written (Numbers 25,13), ‘It shall be for him and his descendants after him, a pact of priesthood for all time’. With David it is written (Ezekiel 37,25), ‘and My servant David as their prince for all time’ ». Consulté en octobre 2024 sur le site Sefaria : https://www.sefaria.org/Zechariah.4.14., et il est souligné que les deux offices (sacerdotale et royale) ne se confondent pas19 Bamidbar Rabbah 18,16 au sujet de la révolte de Qoré.. La tradition juive d’interprétation ne semble donc pas gênée par le caractère unique de l’expression בני־היצהר (béneï-hayits’ar) et lui confère volontiers la notion d’onction d’huile dans la continuité des onctions sacerdotale et royale.

Dans la tradition chrétienne, les Pères de l’Église ont relativement peu commenté ce texte, mais on trouve une interprétation intéressante chez Methodius (un père-anténicéen) qui voit dans les éléments de cette vision les symboles suivants : les deux oliviers représentent, selon lui, la Loi de Moïse et les prophètes qui préparent les croyants à recevoir le don de la nouvelle Alliance20 « […] The two boughs of the two olives are the law and the prophets […], of which Christ and the Holy Spirit are the authors » (italiques ajoutées) d’après Methodius, « Banquet des dix vierges » 10,6, cité dans The Twelve Prophets, Alberto Ferreiro (éds), Ancien Christian Commentary on Scripture, Old Testament XIV, InterVarsity, Downers Grove, IL, 2003, p. 244.. Cette piste est intéressante, surtout si on la met en perspective avec le Nouveau Testament, et en particulier l’Apocalypse où le texte de Zacharie est repris.

Apocalypse 11,4 : les « deux témoins »

Comme l’écrit Tidiman : « Ce texte (Zacharie 4,14) est repris en Apocalypse 11 où les deux oliviers sont deux témoins de Dieu qui jouent un rôle important avant que retentisse la septième trompette21 Tidiman, Le livre de Zacharie, p. 131. Ceci étant dit, il ne va pas plus loin dans son explication, ce qui est le cas de la plupart des auteurs qui commentent le livre de Zacharie. Il nous faut donc nous tourner vers des commentateurs du livre de l’Apocalypse pour obtenir plus d’informations. ». Et en effet, dans le livre de l’Apocalypse au chapitre 11 les versets 3 et 4, les « deux témoins » de Dieu sont identifiés comme étant « les deux oliviers et les deux chandeliers qui se tiennent devant le Seigneur de la terre ». L’image est ici un peu augmentée avec deux chandeliers, et Jean dans sa vision semble assimiler les oliviers et les chandeliers. Ceci étant, les éléments qui décrivent les deux témoins dans l’Apocalypse peuvent nous orienter sur leur identité.

Les deux témoins reçoivent la mission de prophétiser (verset 3), « du feu sort de leur bouche » (verset 5) et ils ont le pouvoir d’empêcher la pluie, de changer l’eau en sang et de faire venir des plaies sur la terre (verset 6). Ces quelques détails semblent faire allusion à deux ministères puissants de l’Ancien Testament, c’est-à-dire Moïse et Élie22 Romerowski écrit : « Le tableau rappelle le ministère de deux prophètes de l’Ancien Testament, Moïse et Élie. […]. Les deux témoins apparaissent donc comme deux nouveaux Moïse et comme deux nouveaux Élie ». Romerowski, Sylvain, Commentaire sur l’Apocalypse de Jean : la victoire de l’Agneau et de ses rachetés, Éditions de l’Institut Biblique, Nogent-sur-Marne ; Éditions Excelsis, Charols, 2020, p. 295. Ceci dit, l’auteur ne revient pas rétroactivement sur son interprétation de Zacharie où il identifie les deux oliviers avec Josué (office de la prêtrise) et Zorobabel (office royal).. Les deux ont eu un ministère prophétique attesté par des miracles marquants rappelés par ces allusions. Par ailleurs, Moïse représente la révélation de Dieu dans la Loi et Élie celle des Prophètes. Moïse et Élie sont les deux figures majeures de transmission prophétique de la Parole de Dieu dans l’Ancien Testament23 Leithart nuance en disant que les deux témoins sont des figures qui ont une portée symbolique : « So, the two witnesses should not be understood as two individuals », Peter J. Leithart, Revelation 1-11, International Theological Commentary, Bloomsbery T & T Clark, New York, 2018, p. 430. Cela dit, l’auteur admet que les deux témoins sont décrits « sur le modèle d’Élie et Moïse »..

Si les deux témoins dans l’Apocalypse font référence à ces deux figures majeures que sont Moïse et Élie, et qu’ils sont en même temps identifiés à deux oliviers, alors cette identification presque explicite des deux témoins peut éclairer rétroactivement la référence implicite qui est faite en Zacharie 4,14 au sujet des deux fils d’huile.

Retour sur Zacharie 4,14

Nous voici presque au terme de ce parcours. Avec tout ce que nous avons vu, retournons dans le livre de Zacharie et considérons s’il est possible de formuler une proposition cohérente au sujet de l’interprétation du verset 4,14. Si nous suivons la piste suggérée par les références aux témoins de l’Apocalypse en identifiant les deux oliviers à Moïse et Élie, cela donnerait l’éclairage suivant : les deux oliviers, et même plus précisément les deux rameaux, servent à alimenter directement la lampe avec de l’huile. Ils représentent deux personnages qui sont reconnaissables (en principe) par le fait qu’ils se tiennent en présence du Seigneur. Si ce sont Moïse et Élie24 On pourrait d’ailleurs ajouter au dossier néotestamentaire la référence à Moïse et Élie lors de l’épisode de la transfiguration de Jésus sur la montagne, cf. Matthieu 17,3., alors ils représentent à la fois la Loi et les Prophètes, et aussi la parole prophétique qui, en tant que révélation de Dieu, fait « briller » le chandelier qui représente le peuple d’Israël25 Ou qui représente le temple, ou l’intérieur du temple, si on se place dans la perspective du service lévitique de la menorah. Leithart y voit, pour sa part, une médiation des anges, sur la base de liens intertextuels avec la description des chérubins dans le temple : « The original ‘sons of oil’ are the ‘oil-wood’ cherubim in the Most Holy Place of the temple (1 Kgs 6:23-28). (…) In the vision of Zechariah 4, the two trees appear to be cherubim who supply golden oil through the prophets, priests, and kings to the lamp that is Israel. There is a hierarchy of mediation: Angel/trees, pipes/leaders, Israel/lamp », Leithart, Revelation 1-11, p. 431. Cette référence serait intéressante à approfondir pour poursuivre la réflexion au sujet de l’identification des personnages de Zacharie 4,14..

Si on identifie encore l’huile à l’action de l’Esprit de Dieu dans ce passage, le prophète Zacharie pourrait alors communiquer à Zorobabel que son entreprise est soutenue et alimentée par l’Éternel, par l’intermédiaire de la révélation mosaïque et prophétique qui se trouvent en arrière-plan du travail de reconstruction du Temple. Autrement dit, Zorobabel peut être assuré que son action s’inscrit dans le plan de Dieu pour son peuple. Et dans ce cas, les deux fils de l’huile ne sont pas directement deux personnages oints, mais deux fournisseurs ou pourvoyeurs de l’onction divine pour Israël, symbolisés par ces deux oliviers, et que l’on peut affilier au ministère de Moïse et Élie.

Évaluation et conclusion

Pour conclure ce parcours, réévaluons les différentes traductions et interprétations de l’expression בני־היצהר (béneï-hayits’ar) dans Zacharie 4,14. Premièrement, je dirais que traduire cette expression par « deux messies » serait une fausse piste. Il ne me semble pas, au terme de cette étude, que l’expression désigne l’onction messianique. Deuxièmement, la traduction habituelle « les deux oints » en référence à Josué et Zorobabel26 Ou bien Aaron et David et les deux offices liés, selon l’interprétation traditionnelle. me semble manquer de consistance, au regard des éléments révélés et implicites dans le texte. De surcroît, cette interprétation ne rend pas compte de la spécificité des termes employés ici (et seulement ici dans ce texte de Zacharie). Troisièmement, traduire par « fils de l’huile » serait une traduction plus neutre et plus littérale, mais manquerait de clarté. Finalement, je propose qu’une traduction du type « les deux (pourvoyeurs) d’huile27 Ce qui se rapproche de l’argument de Boda, mais sans identifier les pourvoyeurs d’huile avec Aggée et Zacharie. » permettrait de rendre compte du fait que les deux personnages évoqués ont pour rôle de fournir l’huile plutôt que de la recevoir, et ajouter en note d’étude que la référence semble implicitement pointer vers Moïse et Élie, considérés alors symboliquement comme intermédiaires de la révélation divine pour Israël

Notes

  • 1
     Cet article est la version longue d’une contribution publiée en néerlandais dans un ouvrage collectif en l’honneur du professeur Mart-Jan Paul : « Messiaanse ‘Joodse’ verwachtingen in Zacharia: één of twee messiassen? », in Bevrijding en verwachting. Over de verhouding tussen beide testamenten, Koert van Bekkum, Henk van den Belt, Hans van den Herik (éds), Labarum Academic, 2025, pp. 66-76. Publié avec l’aimable autorisation des éditeurs. Mart-Jan Paul fut mon directeur de recherche durant mes années d’étude doctorale à l’Evangelisch Theologish Faculteit de Louvain (Leuven) dans le département d’Ancien Testament.
  • 2
     The Complete Jewish Study Bible, Hendrickson publishers, 2016, basée sur la traduction de David Stern (1996) avec des notes éditées par Barry A. Rubin, John Fischer, Rick Brown, Michelle Rapkin et Patricia Anders.
  • 3
     Le texte de la traduction dit ceci : « Those are the two who have been anointed with oil; they are standing with the Lord of all the land ». (italiques ajoutées).
  • 4
     En fin de section, au chapitre 9 de Zacharie, un encadré intitulé « Two Messiahs? » commente ainsi : « In Zechariah, two messianic figures – the high priest and the messianic king – are depicted », et plus loin : « In their depictions of the Messiah, the rabbis formulated the doctrine of Messiah ben Yosef, who would precede the King-Messiah, Messiah ben David ». Le premier étant la figure du messie souffrant précédant l’avènement du messie glorieux à la fin des temps. Cf. The Complete Jewish Study Bible, p. 882. C’est cette notice qui a été le point de départ de ma réflexion au sujet du verset de Zacharie 4,14 et qui est à l’origine du titre de cet article.
  • 5
     Tidiman écrit : « Le mot utilisé ici désigne l’huile fraîche, non transformée […] », Brian Tidiman, Le livre de Zacharie, Édifac, Vaux-sur-Seine, 1996, p. 132. Boda traduit littéralement ce terme « unmanufactured oil » et il précise « the word is not the one used for anointing elsewhere in the Old Testament », « […] this term is more closely associated with the oil in its state fresh off the tree, which would be appropriate for the scene in Zechariah 4, where the oil is provided directly by olive-pressers from the olive trees to the lampstand », Mark J. Boda, The Book of Zechariah, New International Commentary on the Old Testament (NICOT), Eerdmans, Grand Rapids MI, 2016, p. 313 et p. 316.
  • 6
     C’est le cas dans le Premier temple (cf. Nb 18,12) et dans le Second temple (cf. Ne 13,5.12).
  • 7
     Dès le récit de Genèse, Jacob utilise de l’huile pour oindre une pierre spéciale (Gn 28,18).
  • 8
     « Besides the common ‘son’, בן also functions with substantives and words describing characteristics to express a relationship appropriate to the sense of the adjunctive word », Thomas E. McComiskey, « Zechariah », in The Minor Prophets. A Commentary on Zephaniah, Haggai, Zechariah, Malachi, Thomas E. McComiskey (éds), Baker Academic, Grand Rapids MI, 1998, p. 1092.
  • 9
     La répétition de la question (trois fois) révèle l’incompréhension du prophète face aux détails de cette vision, alors que la répétition de la réponse de l’ange (deux fois) semble indiquer que la référence devrait être évidente. Pourtant, comme l’écrit Tidiman : « La réponse de l’ange est à la fois éclairante et énigmatique », « […], aucune identité explicite n’est donnée aux deux oliviers » Tidiman, Le livre de Zacharie, pp. 131-132.
  • 10
     Les deux références se trouvent par exemple dans le chapitre 11 de Jérémie : au v. 16a le peuple est comparé à un olivier et au v. 19b il est fait allusion au prophète comme d’un « arbre ».
  • 11
     Voir par exemple le commentaire de Barker, qui ne fait aucune mention de la problématique autour du mot יצהר (yits’ar) et admet que l’expression se réfère à l’onction de ces deux personnages : « […] The two olive branches are implicitly identified as Zerubbabel, a member of the line of David, and Joshua the high priest. In the light of the context (chs. 3-4), they must be ‘the two who are anointed to serve the Lord’ » (italiques ajoutées), Kenneth L. Barker, « Zechariah », in Daniel – Malachi, Tremper Longman, David Garland (éds), The Expositor’s Bible Commentary 8, Zondervan, Grand Rapids MI, 2008, p. 762.
  • 12
     « The verb anointed (litt. ‘sons of oil’) indicates that these two figures are ‘consecrated with oil’. This expression differs from the more common term for anointing or anointed one (Heb. msh, masiah), downplaying the messianic implications of the vision, while signalling the divine appointment of these post-exilic leaders. […]. The fact that Zerubbabel may not have been an anointed official makes the identification of the two trees with Joshua and Zerubbabel problematic for some interpreters » (italiques ajoutées), Andrew E. Hill, Haggai, Zechariah and Malachi, Tyndale Old Testament Commentaries (TOTC) 28, InterVarsity Press, Downers Grove, Il, 2012, pp. 161-162.
  • 13
     Comme le souligne McComiskey, la résolution du problème est simple et consiste à considérer que Zorobabel, étant de la lignée de David et un leader reconnu de la communauté, devait ou aurait dû ou aurait pu être oint ou du moins considéré prophétiquement comme « oignable » même si rien dans le texte ne l’indique explicitement (ce qui fait beaucoup d’implicite, il est vrai). Si on admet cette hypothèse, alors comme l’écrit l’auteur : « If we follow this latter view, the ‘sons of oil’ are likely Joshua the high priest and Zerubbabel the civil leader […], the designation ‘sons of oil’ may refer to the two leaders, who were to one degree or another associated with anointing. […]. The avoidance of the term semen in this verse may be a literary device… », McComiskey, The Minor Prophets, p. 1093.
  • 14
     « In 4:12, the focus shifts from the olive trees as a whole to a particular part of the olive trees (branches) and then to oil pressers emptying oil from the olives. In this way, the two human figures who are identified in 4:14 are not identified with the olive trees as a whole, but with their branches, and possibly only with oil pressers who are squeezing oil from the olives on the branches », et plus loin il développe : « Past scholarship has often assumed that the sons here are the recipients of oil, thus treating this phrase as equivalent to ‘anointed ones’, […]. However, it is also clear that these olive trees, branches, and oil-pressers are providing oil, rather than receiving oil », (italiques ajoutées) Boda, The Book of Zechariah, p. 312 et pp. 314-315.
  • 15
     Boda, The Book of Zechariah, pp. 314-315.
  • 16
     Bamidbar Rabbah 14,13 rapproche notre passage de Lévitique 7,35, l’onction d’Aaron et ses fils et plus loin dans Bamidbar Rabbah 18,16 nous lisons : « Moreover, it is written: ‘He said: These are the two anointed dignitaries [benei hayitzhar], who attend the Lord of the entire land’ » (Zechariah 4,14). Does oil have children? Rather, these are Aaron and David, who were anointed with anointing oil. Aaron took the priesthood, and David, the kingship ». Cf. Midrash Lekach Tov, sur Lévitique 7:35:1 :
    אלה שני בני היצהר העומדים על אדון כל הארץ זה אהרן ודוד. Consulté en octobre 2024 sur le site Sefaria : https://www.sefaria.org/Zechariah.4.14.
  • 17
     Shemot Rabbah 15,3.
  • 18
     Midrash Tanchuma, Korach 12,1 : « ‘Two anointed ones’ (Zechariah 4,14). These are David and Aharon who were anointed with the anointing oil, such that their anointing was for [all] the generations. With Aharon, it is written (Numbers 25,13), ‘It shall be for him and his descendants after him, a pact of priesthood for all time’. With David it is written (Ezekiel 37,25), ‘and My servant David as their prince for all time’ ». Consulté en octobre 2024 sur le site Sefaria : https://www.sefaria.org/Zechariah.4.14.
  • 19
     Bamidbar Rabbah 18,16 au sujet de la révolte de Qoré.
  • 20
     « […] The two boughs of the two olives are the law and the prophets […], of which Christ and the Holy Spirit are the authors » (italiques ajoutées) d’après Methodius, « Banquet des dix vierges » 10,6, cité dans The Twelve Prophets, Alberto Ferreiro (éds), Ancien Christian Commentary on Scripture, Old Testament XIV, InterVarsity, Downers Grove, IL, 2003, p. 244.
  • 21
     Tidiman, Le livre de Zacharie, p. 131. Ceci étant dit, il ne va pas plus loin dans son explication, ce qui est le cas de la plupart des auteurs qui commentent le livre de Zacharie. Il nous faut donc nous tourner vers des commentateurs du livre de l’Apocalypse pour obtenir plus d’informations.
  • 22
     Romerowski écrit : « Le tableau rappelle le ministère de deux prophètes de l’Ancien Testament, Moïse et Élie. […]. Les deux témoins apparaissent donc comme deux nouveaux Moïse et comme deux nouveaux Élie ». Romerowski, Sylvain, Commentaire sur l’Apocalypse de Jean : la victoire de l’Agneau et de ses rachetés, Éditions de l’Institut Biblique, Nogent-sur-Marne ; Éditions Excelsis, Charols, 2020, p. 295. Ceci dit, l’auteur ne revient pas rétroactivement sur son interprétation de Zacharie où il identifie les deux oliviers avec Josué (office de la prêtrise) et Zorobabel (office royal).
  • 23
     Leithart nuance en disant que les deux témoins sont des figures qui ont une portée symbolique : « So, the two witnesses should not be understood as two individuals », Peter J. Leithart, Revelation 1-11, International Theological Commentary, Bloomsbery T & T Clark, New York, 2018, p. 430. Cela dit, l’auteur admet que les deux témoins sont décrits « sur le modèle d’Élie et Moïse ».
  • 24
     On pourrait d’ailleurs ajouter au dossier néotestamentaire la référence à Moïse et Élie lors de l’épisode de la transfiguration de Jésus sur la montagne, cf. Matthieu 17,3.
  • 25
     Ou qui représente le temple, ou l’intérieur du temple, si on se place dans la perspective du service lévitique de la menorah. Leithart y voit, pour sa part, une médiation des anges, sur la base de liens intertextuels avec la description des chérubins dans le temple : « The original ‘sons of oil’ are the ‘oil-wood’ cherubim in the Most Holy Place of the temple (1 Kgs 6:23-28). (…) In the vision of Zechariah 4, the two trees appear to be cherubim who supply golden oil through the prophets, priests, and kings to the lamp that is Israel. There is a hierarchy of mediation: Angel/trees, pipes/leaders, Israel/lamp », Leithart, Revelation 1-11, p. 431. Cette référence serait intéressante à approfondir pour poursuivre la réflexion au sujet de l’identification des personnages de Zacharie 4,14.
  • 26
     Ou bien Aaron et David et les deux offices liés, selon l’interprétation traditionnelle.
  • 27
     Ce qui se rapproche de l’argument de Boda, mais sans identifier les pourvoyeurs d’huile avec Aggée et Zacharie.

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