| par Marjorie LEGENDRE, professeure d’éthique et de spiritualité à la FLTE, pasteure de l’UEEL à Gennevilliers, France |
Résumé par l’IA Euria (https://news.infomaniak.com/euria-assistant-ia-souverain/).
Cet article explore la spiritualité de la pauvreté à travers deux figures majeures : François d’Assise et Charles de Foucauld. Pour eux, la pauvreté n’est pas une fin en soi, mais un moyen radical d’imiter le Christ, de se dépouiller pour appartenir entièrement à Dieu et de solidariser avec les plus démunis. Leur choix de vie, motivé par l’amour du Christ et l’Évangile, les a conduits à renoncer à leurs biens pour épouser la condition des pauvres, voyant dans ce dépouillement une source de liberté spirituelle et une réponse à l’appel divin. L’auteur souligne les apports de leur témoignage : un rappel prophétique contre l’attachement aux biens matériels dans nos sociétés de consommation et un exemple édifiant de discipleship radical. Leur vie invite à la simplicité, à l’humilité et à une charité authentique, où l’amour du prochain passe par le partage et la proximité avec les souffrants. Cependant, l’article pose aussi des limites critiques. Leur vocation à la pauvreté reste un appel personnel et ne saurait être absolutisée comme une exigence universelle pour tous les chrétiens. De plus, une distinction cruciale doit être faite entre la pauvreté choisie, vécue en communauté et dans la liberté, et la pauvreté subie, marquée par l’isolement, la détresse et le manque de relations. Si François et Charles offrent un modèle inspirant de générosité et de confiance en Dieu, leur exemple ne doit pas occulter la réalité tragique de la pauvreté imposée, qui appelle avant tout justice, accompagnement et restauration du lien social.
Introduction
Au cœur de la spiritualité de grandes figures de l’Histoire de l’Église : la pauvreté. La pauvreté matérielle, la pauvreté d’âme. La pauvreté comme dépouillement de soi-même dans une démarche d’abandon total à Dieu. La pauvreté comme détachement de tout ce qui nous retient d’appartenir entièrement au Créateur. La pauvreté comme dépendance radicale aux soins du Père. La pauvreté comme exigence de l’Évangile, telle l’ouverture des Béatitudes, tel l’appel adressé à l’homme riche. La pauvreté comme imitation du Christ, lui qui, de riche qu’il était, s’est fait pauvre pour nous (2 Co 8,9). La pauvreté comme nécessité de la véritable charité.
Cet article se penchera sur deux figures spirituelles ayant mis au cœur de leur spiritualité la pauvreté, à savoir François d’Assise (1181-1226) et Charles de Foucauld (1858-1916). À sept siècles d’écart, tous deux ont ressenti l’appel du Christ à se dépouiller pour mieux le suivre, pour mieux l’aimer et aimer leur prochain, notamment les plus pauvres. Nous étudierons les traits communs à ces deux figures peu connues du milieu évangélique, en les citant à cet égard volontairement généreusement, et procéderons à une évaluation critique. Cela nous permettra de saisir la pertinence et les limites de leur exemple et de leur exhortation, dans un monde où plus d’un milliard de personnes souffrent de la pauvreté.
1. La pauvreté chez François d’Assise et Charles de Foucauld : un regard croisé
1.1. François d’Assise et Charles de Foucauld : deux cheminements spirituels personnels qui éclairent leur choix d’une pauvreté radicale
À lire les biographies de François d’Assise et de Charles de Foucauld, il est frappant de constater les parallèles dans leur histoire, à savoir comment leur rencontre avec le Christ a orienté de manière décisive leur choix de vivre la pauvreté de manière aussi radicale.
François d’Assise d’un côté. Fils d’un riche bourgeois d’Assise à l’époque de l’essor des villes italiennes, il rêve de chevalerie et se perd et se lasse dans les mondanités avec les jeunes de son âge. Trois épisodes particuliers jalonnent son dépouillement1 Xavier Emmanuelli et Michel Feuillet, Célébration de la pauvreté, regards sur François d’Assise, Paris, Albin Michel, 2000, p. 12. : le Don du Manteau à un chevalier déchu, un pair ; le Baiser au lépreux, geste scandaleux, est le deuxième grand jalon de sa vie ; le troisième acte est la renonciation publique aux biens paternels, acte ô combien significatif. En effet, son cheminement spirituel vers la pauvreté se fait par étape, mais, un jour, résonne pour lui de manière toute spéciale, directe, littérale, la parole du Christ à l’homme riche : « Va, vends tous tes biens, donne-les aux pauvres, et suis-moi » (Mt 19,21). Il choisit alors « d’épouser » la pauvreté pour lui-même et de prendre soin des pauvres. D’aucuns l’appelleront le « père des pauvres »2 François d’Assise, La joie parfaite, Textes choisis et présentés par Stéphane Barsacq, Paris, Points, 2008, p. 20..
Charles de Foucauld d’un autre côté3 Pour une biographie, certes hagiographique, voir : Mgr Jean-Claude Boulanger, L’Évangile dans le sable. La spiritualité de Charles de Foucauld, Paris, Artège Poche, 2020.. Très tôt orphelin de père et de mère, il est élevé par ses grands-parents, croyants, dont il héritera la fortune. Jeune homme, recalé de l’armée pour indiscipline, il se perd lui aussi dans les plaisirs du monde, sombre dans la boulimie, cherchant à combler le vide de son cœur, en vain. Il traverse des années de désert spirituel. Mais au retour d’une expédition au Maroc, en 1886, fin octobre, il se convertit dans l’église Saint-Augustin à Paris grâce à l’abbé Huvelin, lequel deviendra son père spirituel. En relisant son expérience de conversion des années plus tard, il se reconnaîtra directement dans la figure du fils prodigue. La radicalité de sa conversion et de la plénitude enfin trouvée en Dieu explique la radicalité de son engagement pour Lui : « Aussitôt que je crus qu’il y avait un Dieu, je compris que je pouvais faire autrement que de ne vivre que pour Lui ; ma vocation religieuse date de la même heure que ma foi »4 Michel Lafon, Prier 15 jours avec Charles de Foucauld, Paris, Nouvelle Cité, 2016, p. 16..
1.2. La pauvreté chez François d’Assise et chez Charles de Foucauld : éléments clefs et enjeux
1.2.1. La pauvreté comme imitation du Christ
Chez François d’Assise comme chez Charles de Foucauld, le choix de la pauvreté est clairement et explicitement motivé par le désir d’imiter le Christ, lui qui de riche qu’il était s’est fait pauvre pour nous enrichir (2 Co 8,9). Il s’agit de suivre les pas de Jésus, en tout point, dont la pauvreté5 On peut néanmoins ici s’interroger sur la réalité du degré de pauvreté du Christ.. On s’interrogera néanmoins ici sur le fait de savoir si le Christ était si démuni que ne le pensent François et Charles. En effet, un auteur comme Craig Bloomberg estime lui plutôt que Jésus appartenait à la partie basse de la classe moyenne6 Craig Bloomberg, Ne me donne ni pauvreté ni richesse, Charols, Excelsis, 2001, pp. 108-109..
En tout cas, comme l’écrit très directement François pour lui-même : « Moi, le petit frère François, je veux imiter la vie et la pauvreté de notre très haut Seigneur Jésus-Christ »7 Écrits pour les sœurs de sainte-Claire, dans Saint François d’Assise, La simplicité de cœur, Choix de textes établis et présenté par Philippe Faure, Paris, Pocket, 2009, p. 134.. Ou, comme il le prescrit dans la première règle de son ordre : « La règle, et la vie, de ces frères est la suivante : vivre dans l’obéissance, en chasteté et sans biens propres, et suivre la doctrine et les traces de notre Seigneur Jésus-Christ qui a dit : Si tu veux être parfait, va, vends tout ce que tu possèdes et donne-le aux pauvres, et tu auras un trésor dans le ciel ; puis viens et suis-moi »8 Saint François d’Assise, Œuvres, traduites par Alexandre Masseron, Paris, Albin Michel, 2021, p. 53. Italiques dans le texte..
Charles de Foucauld fait de son côté le lien entre l’amour pour le Christ et l’imitation : « Puisqu’il nous a fait ainsi sa déclaration d’amour9 Pour Charles, la déclaration d’amour du Christ est le don de sa vie à la croix., imitons-le en lui faisant la nôtre… Il ne nous est pas possible de l’aimer sans l’imiter, de l’aimer sans vouloir être ce qu’il fût, faire ce qu’il fît »10 Prier 15 jours avec Charles de Foucauld, op. cit., p. 30.. Ou encore : « L’amour est inséparable de l’imitation. Quiconque aime veut imiter ; c’est le secret de ma vie. J’ai perdu mon cœur pour ce Jésus de Nazareth crucifié il y a 1900 ans et je passe ma vie à chercher à l’imiter »11 Prier 15 jours avec Charles de Foucauld, op. cit., p. 31.. Nous, nous nous demandons ici si le lien à faire est celui entre amour et imitation ou bien plutôt entre discipulat et imitation, le disciple d’un Maître cherchant par définition à devenir comme son Maître. À cet égard, il y a pour Charles de Foucauld un lien de nécessité entre la suivance du Christ et le choix de la pauvreté : « Mon Seigneur Jésus, comme il sera vite pauvre celui qui, Vous aimant de tout son cœur, ne pourra souffrir d’être plus riche que son Bien-Aimé ! »12 Charles de Foucauld, Écrits spirituels, Paris, Éditions Blanche de Peuterey, 2022, p. 108.. Il y aussi cette idée de tenir compagnie à Jésus dans ses peines en imitant sa pauvreté : « Mais on ne fera que s’écarter davantage et de plus en plus de la pauvreté, de l’humilité, de cette petite vie de Nazareth que je suis venu chercher […] que je suis navré de voir Notre-Seigneur mener seul sans aucune âme »13 Charles de Foucauld, Lettres et Carnets, Paris, Seuil, 1966, p. 36.. Nous trouvons cette idée intéressante : elle nous fait penser à cette exhortation de l’apôtre Paul en Philippiens 3,10-11 : « Il s’agit maintenant de le connaître, lui, ainsi que la puissance de sa résurrection et la communion de ses souffrances, en étant configurés à lui dans la mort, pour parvenir, si possible, à la résurrection d’entre les morts ». En effet, il nous semble que dans une société hédoniste et individualiste centrée sur le bien-être personnel, la perspective de la communion aux souffrances du Christ a du mal à être entendue. Pourtant, Paul est clair en Romains 8,17 : « Or si nous sommes enfants, nous sommes aussi héritiers : héritiers de Dieu, et cohéritiers du Christ, s’il est vrai que nous souffrons avec lui pour être aussi glorifiés avec lui ». Cela étant dit, on pourrait insister sur l’inverse, à savoir que c’est bien le Christ qui le premier et surtout s’est rendu solidaire de nos souffrances, au point de les avoir portées à la croix.
Enfin, chez Charles, il y a ce désir de poursuivre la mission du Christ par l’imitation :
Notre Seigneur nous demande de le laisser poursuivre en nous la vie qu’il a commencée sur la terre dans le sein de la Sainte Vierge […] Laissons-le vivre en nous, laissons-le poursuivre en nous sa vie cachée de Nazareth, laissons-le continuer en nous sa vie de pauvreté, laissons-le poursuivre en nous sa vie d’universelle charité, laissons-le prolonger en nous sa vie d’humilité, laissons-le par notre fidélité « achever en nous ce qui manque à ses souffrances »14 Prier 15 jours avec Charles de Foucauld, op. cit., p. 43..
Il y a là deux idées. D’une part, la collaboration avec le Christ dans la mission de propagation de son œuvre, avec néanmoins peut-être dans les mots de Charles un relent de l’idée d’incarnation continuée… D’autre part, on trouve un écho assez direct à la parole de l’apôtre en Colossiens 1,24 : « Je me réjouis maintenant dans mes souffrances pour vous et je supplée à ce qui manque aux détresses du Christ dans ma chair pour son corps, qui est l’Église ». On s’interrogera néanmoins si ce « parachèvement » des souffrances du Christ n’a pas à voir avec le ministère spécifique des apôtres, aujourd’hui révolu.
Le lecteur remarquera en tout cas que Charles de Foucauld est particulièrement retenu par les années vécues en toute discrétion par le Christ à Nazareth, avant son ministère public, ce qu’il appelle « la vie cachée de Nazareth » et qu’il cherche tout spécialement à imiter, en particulier dans le contexte de sa vocation missionnaire au Maghreb où, dans sa conception de la mission, la simple présence est une prédication en actes en soi. On pourra ici penser à l’invitation du Christ en Matthieu 6, au sujet de la piété et notamment de l’aumône, à la plus grande discrétion.
Imiter le Christ implique donc pour eux le choix de la pauvreté. En effet, de leur lecture de la vie du Christ ressort de manière décisive son humilité et sa pauvreté. Charles médite en ce sens :
Il descendit avec eux et alla à Nazareth, et Il leur était soumis »… Il descendit, s’enfonça, s’humilia… ce fut une vie d’humilité : Dieu, vous paraissez homme ; homme, Vous Vous faites le dernier des hommes ; ce fut une vie d’abjection, jusqu’à la dernière des dernières places ; Vous descendîtes avec eux pour y vivre de leur vie, de la vie des pauvres ouvriers, vivant de leur labeur […] Vous allâtes à Nazareth, petite ville perdue, cachée dans la montagne, d’où « rien de bon ne sortait », disait-on15 Charles de Foucauld, Écrits spirituels, op. cit., p. 66..
Cette citation, qui insiste sur la « descente » du Christ, nous fait penser à la kénose que décrit Paul en Philippiens 2.
Ou encore :
O mon Seigneur Jésus, voici donc cette divine pauvreté ! Comme il faut que ce soit Vous qui m’en instruisiez ! Vous l’avez tant aimée ! […] Dans votre vie mortelle, Vous avez fait d’elle Votre compagne fidèle… […] Vous avez choisi pour parents de pauvres ouvriers… Vous êtes né dans une grotte servant d’étable ; Vous avez été pauvre dans les travaux de Votre enfance… Vos premiers adorateurs sont des bergers… À votre présentation au Temple, on a offert le don des pauvres… Vous avez vécu trente ans pauvre ouvrier […] Puis, pendant Votre vie publique, Vous avez vécu d’aumônes au milieu de pauvres pécheurs que Vous aviez pris comme compagnons… « Sans une pierre où poser Votre tête » […] Sur le Calvaire, Vous avez été dépouillé de Vos vêtements, Votre seule possession […] Vous êtes mort nu, et vous avez été enseveli par aumône, par des étrangers16 Ibid., pp. 107-108..
1.2.2. La pauvreté comme exigence de l’amour du prochain pauvre
Tant pour François d’Assise que pour Charles de Foucauld, la pauvreté matérielle est intimement liée à la solidarité avec et au soin du prochain pauvre. Comme le remarque en effet très explicitement Charles : « Quand on aime le prochain, le premier fruit de cet amour est de s’appauvrir pour le soulager… Pauvreté, amour du prochain, on voit combien ces deux vertus sont liées ensemble »17 Prier 15 jours avec Charles de Foucauld, op. cit., p. 39.. Son raisonnement est le suivant : « Si nous aimons le prochain comme nous-mêmes, nous aimerons les pauvres comme nous-mêmes ; par conséquent, nous traiterons chacun d’eux comme nous-mêmes ; par conséquent, nous partageons avec chacun d’eux ce que nous avons ; ils sont si nombreux que si nous commençons à partager avec eux, nous serons bientôt aussi pauvres que l’un d’eux »18 Charles de Foucauld, Aux plus petits de mes frères, Rome/Paris, Citta Nuova Éditrice/Nouvelle Cité, 1973, p. 80..
Feront écho ici tant la règle d’or que nous enseigne le Christ que la réponse de Jean le Baptiste en Luc 3,10-11 à la foule lui demandant, après leur baptême de repentance : « Que devons-nous faire ? » et lui de leur indiquer de partager leur vêtement.
Mais viennent surtout ici, tant pour François que pour Charles, deux textes bibliques clefs : l’appel adressé à l’homme riche déjà mentionné et surtout la parabole du jugement dernier (Mt 25,31-46) :
Mon Seigneur Jésus, comme il sera vite pauvre celui qui, songeant que tout ce qu’on fait à un de ces petits, on Vous le fait, que tout ce qu’on ne leur fait pas, on ne Vous ne le fait pas, soulagera toutes les misères à sa portée !… Comme il sera vite pauvre celui qui recevra avec foi Vos paroles : « Si vous voulez être parfaits, vendez ce que vous avez et donnez-le aux pauvres… Bienheureux les pauvres, car quiconque aura quitté ses biens pour Moi, recevra ici cent fois plus et, au ciel, la vie éternelle… » et tant d’autres !19 Charles de Foucauld, Écrits spirituels, op. cit., pp. 108-109.
Le lecteur évangélique aura ici quelques réserves sur l’application universalisante de Matthieu 25, que l’on retrouve d’ailleurs souvent dans la Doctrine sociale catholique, car le Christ précise bien « à l’un de ces plus petits d’entre mes frères ». Attention : non pas que nous devions négliger les pauvres en général, chrétiens ou non (on évoquera ici notamment la parabole du Bon Samaritain), mais il y a, dans l’esprit de Galates 6,10, une articulation des solidarités à penser plus avant.
Enfin, Charles de Foucauld reprendra à son compte à la fin de sa vie, comme un testament, ces paroles de son père spirituel l’abbé Huvelin : « On n’aimera jamais assez », ou encore, dans l’esprit du Grand commandement ou de 1 Corinthiens 13, que la valeur de nos vies dépend de l’amour que nous aurons su partager.
1.2.3. De la pauvreté matérielle à la pauvreté spirituelle
François d’Assise comme Charles de Foucauld ont choisi de vivre dans la pauvreté matérielle. Mais ils ont une vive conscience que la pauvreté matérielle n’est rien sans la pauvreté d’esprit, sans l’humilité, et cela car la pauvreté matérielle n’est que la surface apparente d’une pauvreté plus essentielle : la pauvreté intérieure. Dit autrement, on peut être pauvre matériellement et très orgueilleux. Ou encore, dit un peu brutalement, la pauvreté matérielle sans la pauvreté de cœur peut être une mascarade hypocrite qui paraît aux yeux des êtres humains mais ne vaut rien dans le regard du Père qui voit dans le secret du cœur.
Ainsi François, dans sa « salutation des vertus », parlera de sororité entre « Dame Pauvreté » et « Dame Humilité »20 Saint François d’Assise, La simplicité de cœur, Choix de textes établis et présenté par Philippe Faure, Paris, Pocket, 2009, p. 190 : « Dame sainte Pauvreté, que le Seigneur te garde, avec ta sœur sainte Humilité ».. Ainsi le pauvre d’Assise écrira : « Si tu étais plus beau et plus riche que tous et même si tu faisais des merveilles au point de mettre en fuite les démons, tout cela t’est contraire et cela ne t’appartient en rien et de rien de cela tu ne peux te glorifier »21 Thaddée Matura, Prier 15 jours avec François d’Assise, Paris, Nouvelle Cité, 2009, pp. 28-29.
François sera aussi fondateur d’un ordre religieux, précisément l’ordre des Frères mineurs (ou petits). Mineurs, c’est-à-dire ceux qui ne s’imposent pas mais servent, ceux qui ne se croient pas supérieurs mais se savent serviteurs. François de préciser ainsi : « Tu sais maintenant ce qu’est un frère mineur, un pauvre selon l’Évangile : un homme qui, librement, a renoncé à exercer tout pouvoir, toute espèce de domination sur les autres »22 Éloi Leclerc, Sagesse d’un pauvre, Paris, Desclée de Brouwer, 1991, p. 89.. On relèvera aussi que l’ordre des frères mineurs se veut une communauté d’être égaux et fraternels et Thaddée Matura de remarquer : « Parmi les grands fondateurs d’Ordre, François est le seul à citer dans sa Règle le passage de l’Évangile qui exclut les appellations père et maître »23 Prier 15 jours avec François d’Assise, op. cit., p. 40 : François écrit exactement : « Vous êtes tous frères ; et n’appelez père personne sur terre, car unique est votre Père, qui est aux cieux. Et ne vous faites pas appeler maîtres, car unique est votre maître, qui est aux cieux (Mt 23,8-10) », cité dans ibid., p. 39..
Du côté de Charles de Foucauld, les choses sont clairement dites également :
C’est plus que cela la complète pauvreté, c’est la pauvreté d’esprit, que vous avez proclamée bienheureuse, mon Seigneur Jésus, qui fait que tout, tout, tout le matériel est totalement indifférent […] qui ne laisse aucun, aucun attachement à ce qui est passager, vide le cœur totalement, et le laisse tout entier, dans toute sa plénitude, pour Dieu seul. Dieu le remplit alors, y règne seul, l’occupe tout entier, et y place au-dessous de Lui, en vue de Lui et pour Lui, l’amour de tous les hommes, Ses enfants. Le cœur ne connaît plus, ne contient plus que deux amours ; tout le reste n’existe plus pour lui, et il vit sur la terre comme n’y étant pas, en contemplation continuelle de l’unique nécessaire, du seul Être, et en intercession pour ceux que le Cœur de Dieu veut bien aimer24 Charles de Foucauld, Écrits spirituels, op. cit., pp. 110-111..
Dans la même veine, cette réponse que le Christ lui a donnée lors de l’une de ses retraites spirituelles : « Bienheureux ceux qui auront la pauvreté d’esprit ; qui, non seulement rejettent les biens matériels, ce qui est le premier degré, mais montent bien plus haut et vident complètement leur âme de tout attachement, de tout goût, de tout désir, de toute recherche qui n’a pas Moi pour but »25 Ibid., p. 143..
Ces citations méritent précisions pour être interprétées correctement. D’une part, le détachement de toutes choses matérielles n’est pas à comprendre comme un mépris gnosticisant du monde matériel, mais bien plutôt : 1) Dans l’esprit de la parole du Christ en Matthieu 6,19-21 : « Ne vous amassez pas de trésors sur la terre, où les vers et la rouille détruisent et où les voleurs fracturent pour voler. Amassez-vous plutôt des trésors dans le ciel, là où ni vers ni rouille ne détruisent et où les voleurs ne fracturent ni ne volent. Car là où est ton trésor, là aussi sera ton cœur » ; et 2) Dans l’esprit de la parole de l’apôtre Paul en 1 Corinthiens 7,29-31 : « Voici ce que je dis, mes frères : le temps se fait court ; désormais, que ceux qui ont une femme soient comme s’ils n’en avaient pas, ceux qui pleurent comme s’ils ne pleuraient pas, ceux qui se réjouissent comme s’ils ne se réjouissaient pas, ceux qui achètent comme s’ils ne possédaient pas, et ceux qui usent du monde comme s’ils n’en usaient pas réellement, car ce monde, tel qu’il est formé, passe ». D’autre part, Charles avance cette intuition spirituelle qui nous paraît pertinente et féconde, à savoir que tout amour humain doit être (ré)ordonné au prisme de l’amour de Dieu : c’est par Dieu, en vertu de Dieu et pour Dieu que nous pouvons alors aimer autrui d’une manière juste.
1.2.4. Pauvreté et liberté
Enfin, on trouve chez nos deux figures spirituelles un lien entre le choix de la pauvreté matérielle et la liberté qu’elle procure, selon eux. François est « l’homme qui n’a rien à perdre » et Charles de Foucauld constate :
Le pauvre qui n’a rien, et n’aime rien sur la terre, a l’âme si libre !… tout lui est égal ; qu’on l’envoie ici, là, peu lui importe : il n’a rien ni ne veut rien nulle part… Il trouve partout Celui de qui seul il attend tout, Dieu, qui lui donne toujours, s’il est fidèle, ce qui est le meilleur pour son âme… Comme il est libre ! Comme son esprit est libre pour monter vers le ciel ! Comme rien n’alourdit ses ailes ! Comme ses pensées, dégagées de tous les liens terrestres, s’envolent pures vers le ciel ! Comme les pensées de choses matérielles, petites ou grandes (car les petites, les plus petites, troublent autant que les grandes), le gênent peu dans sa prière, comme elles le distraient peu dans son oraison !… Tout cela n’existe pas pour lui26 Ibid., p. 110. !
Cette réflexion spirituelle a une certaine beauté et profondeur mais demande, à notre sens, une maturité très avancée, tant nous sommes, dans ce monde déchu, des êtres inquiets en recherche et besoin de sécurités.
Voici donc pour ce tour d’horizon de la manière dont François d’Assise et Charles de Foucauld envisagent et vivent la pauvreté. Nous nous proposons maintenant de poser un regard critique sur les apports et limites de leur exemple et exhortation.
2. La pauvreté chez François d’Assise et Charles de Foucauld : un regard critique
2.1. Les apports de François d’Assise et Charles de Foucauld eu égard à leur insistance sur la pauvreté
2.1.1. Un rappel salvateur du danger de notre attachement aux biens matériels
L’insistance de François et de Charles sur la pauvreté matérielle vient, nous le pensons, comme un rappel salvateur du danger de notre (sur)attachement aux biens matériels, en particulier dans une société matérialiste et capitaliste de surconsommation. En effet, l’importance que nous accordons aux biens matériels est sans doute inconsciemment plus grande que ce que nous ne nous avouons. Qu’on nous prive et…
En lien avec l’amour du prochain, Éloi Leclerc remarque judicieusement ceci : « Il savait lui, le fils du riche drapier marchand d’Assise, combien il est difficile de posséder quelque chose et de demeurer l’ami de tous les hommes et surtout l’ami de Jésus-Christ »27 Éloi Leclerc, Sagesse d’un pauvre, op. cit., p. 41.. Il y a ici cette idée que la propriété privée, comprise de manière trop absolue, peut entraîner avec elle une forme de violence pour la protéger.
L’avarice est classiquement et à juste titre considérée comme l’un des sept péchés capitaux (les péchés capitaux étant des péchés qui engendrent d’autres péchés) voire le plus grave, car on ne peut adorer Dieu et Mammon (Mt 6,24). Attention : l’avarice est plus subtile qu’elle n’y paraît si l’on regarde la structure de Matthieu 6,19-34 : l’inquiétude pour les biens matériels (« Qu’allons-nous manger ? Qu’allons-nous boire ? Comment allons-nous nous vêtir ? ») relève d’une forme d’avarice. En ce sens, nous sommes, nous le croyons, toutes et tous concernés et des figures comme François et Charles ont ainsi pour nous un effet miroir bienvenu nous enjoignant à plus de simplicité dans notre style de vie et, ce faisant, à un témoignage prophétique dans une société d’accumulation.
2.1.2. Des exemples édifiants de suivance radicale du Christ
Il y a dans la forme de vie que François et Charles ont choisi de suivre quelque chose de l’ordre d’une splendeur cachée. En effet, comme le remarquent Xavier Emmanuelli et Michel Feuillet : « La pauvreté de François est un levier de vérité »28 Xavier Emmanuelli et Michel Feuillet, Célébration de la pauvreté, op. cit., p. 24. qui dévoile notre misère que nous essayons de cacher. Plus exactement :
Sans confort ni éclat, cette vie ne tolérait aucun artifice. L’homme y était contraint de rejoindre sa vérité. Il devenait sobre de paroles et de gestes. Les sentiments eux-mêmes s’apaisaient et se faisaient plus simples. Non pas à force de lectures ou de repliement sur soi, mais par cette sainte et rude obéissance aux choses, à laquelle oblige la pauvreté, lorsqu’elle est acceptée dans toute sa rigueur. C’était une rude école. L’homme y apprenait à sentir d’une manière nouvelle, beaucoup plus simple et réelle29 Éloi Leclerc, Sagesse d’un pauvre, op. cit., p. 27..
Leur pauvreté résonne existentiellement en ces termes : « La dénudation de François nous envoie à notre dénuement essentiel, et nous invite à nous l’avouer enfin, à refuser les artifices qui nous le cachent, et en fin de compte à l’aimer, car il est la voie qui nous rapproche le plus sûrement de Dieu »30 Xavier Emmanuelli et Michel Feuillet, Célébration de la pauvreté, op. cit., p. 19.. À cet égard, la première béatitude, celle qui ouvre au présent l’accès au Royaume de Dieu, n’est-elle pas la béatitude de la pauvreté (spirituelle chez Matthieu, matérielle chez Luc) ?
2.2. Les limites de François d’Assise et Charles de Foucauld eu égard à leur exigence de pauvreté
2.2.1. Un appel très personnel à ne pas absolutiser
Si les exemples de François et de Charles sont édifiants à plusieurs titres, il faut, nous le pensons, nous garder d’absolutiser leur forme de vie, comme si nous étions toutes et tous appelés à suivre exactement leurs traces. Dit autrement, leur choix de vivre dans le plus grand dénuement matériel relève d’un appel très personnel, de leur propre chemin de vie, de leur vocation particulière. Il n’engage pas de manière générale tous les chrétiens, comme une obligation impérieuse de fidélité au Christ. L’appel adressé à l’homme riche, reçu littéralement par François et Charles est l’appel adressé à l’homme riche. À Zachée, riche lui aussi, le Christ ne demandera pas un dépouillement si radical.
Nous soulignons ce point car nous avons le sentiment, notamment chez Charles de Foucauld, que la pauvreté serait une exigence universelle pour quiconque se dit disciple du Christ. Il soutient par exemple : « Vous l’avez laissée en héritage à Vos saints, à tous ceux qui veulent vous suivre, à tous ceux qui veulent être Vos disciples… Vous l’avez enseignée par les exemples de toute Votre vie, Vous l’avez glorifiée, béatifiée, proclamée nécessaire par Vos paroles »31 Charles de Foucauld, Écrits spirituels, op. cit., p. 107. Notre italique.. Ou encore, de s’interroger ainsi :
Mon Dieu, je ne sais s’il est possible à certaines âmes de Vous voir pauvre et de rester volontiers riches, de se voir tellement plus grandes que leur Maître, que leur Bien-Aimé, et de ne pas vouloir Vous ressembler en tout, autant qu’il dépend d’elles et surtout en Vos abaissements ; je veux bien qu’elles Vous aiment, mon Dieu, mais cependant, je crois qu’il manque quelque chose à leur amour, et, en tout cas, moi, je ne puis concevoir l’amour sans un besoin, un besoin impérieux de conformité, de ressemblance et, surtout, de partage de toutes les peines, de toutes les difficultés, de toutes les duretés de la vie… Être riche, à mon aise, vivre doucement de mes biens, quand Vous avez été pauvre, gêné, vivant péniblement d’un dur labeur ; pour moi, je ne le puis, mon Dieu… je ne puis aimer ainsi… « Il ne convient pas que le serviteur soit plus grand que le Maître » ni que l’épouse soit riche quand l’époux est pauvre, quand Il est volontairement pauvre, surtout, et qu’il est parfait… Je ne juge personne, mon Dieu, les autres sont Vos serviteurs et mes frères, et je ne dois que les aimer, leur faire du bien, et prier pour eux ; mais pour moi, il m’est impossible de comprendre l’amour sans la recherche de la ressemblance et sans le besoin de partager toutes les croix »32 Ibid., pp.109-110..
2.2.2. De la pauvreté choisie à la pauvreté subie
Deuxième limite aux itinéraires de vie de François et Charles : la distinction et différence à poser de manière très nette entre la pauvreté choisie et la pauvreté subie. La pauvreté de François et de Charles est une pauvreté choisie, volontaire, désirée même, vécue en fraternité de vie… La pauvreté subie, elle, est tout simplement terrible !
Xavier Emmanuelli et Michel Feuillet remarquent à juste titre ceci : « Célébrer la pauvreté ! L’entreprise pourrait relever du paradoxe, voire de la provocation morbide […] Médecin de l’urgence, j’ai trop côtoyé au quotidien une pauvreté sans gloire, celle que l’on tente à tout prix de cacher, celle que l’on vit comme un manque, comme une ruine, comme une perte […] Cette pauvreté-là a pour nom : solitude »33 Célébration de la pauvreté, op. cit., p. 9..
En effet, on remarquera que les catégories bibliques employées pour désigner les personnes nécessiteuses sont « le pauvre, l’orphelin, l’immigré et la veuve ». Or, il est instructif de souligner que ces personnes souffrent d’un manque matériel mais aussi d’un manque relationnel : l’orphelin a perdu ses parents, la veuve son conjoint, l’immigré est loin de sa terre d’origine… Il y a donc, et cela doit façonner notre réponse à la pauvreté matérielle, une dimension relationnelle décisive à considérer : la pauvreté isole et le pauvre souffre de carences relationnelles. Tel n’est pas le cas d’un François d’Assise (un peu moins d’un Charles de Foucauld) qui vit sa pauvreté en compagnie de frères, entouré et encouragé. L’être humain a besoin de pain pour vivre et de relations, forme de richesse, car l’être humain est un être profondément social du fait de sa création en image du Dieu trine et que, comme le dit de manière très concrète le sage en Ecclésiaste 4,8-11 : « J’ai vu encore une autre futilité sous le soleil : voilà un homme seul, sans personne d’autre ; il n’a ni fils ni frère, et pourtant son travail n’a pas de fin : ses propres yeux ne sont jamais rassasiés de richesses. ‘Pour qui donc est-ce que je travaille et me prive de bonheur ?’ Ce n’est encore là qu’une futilité et une occupation funeste. Deux valent mieux qu’un, parce qu’ils ont un bon salaire pour leur travail. Car, si l’un tombe, l’autre relève son compagnon ; mais quel malheur pour celui qui est seul et qui tombe, sans avoir un autre pour le relever ! De même, si deux se couchent ensemble, ils ont chaud ; mais celui qui est seul, comment se réchauffera-t-il » ?
Conclusion
Dans cet article, nous avons voulu nous pencher sur deux figures spirituelles peu connues des milieux évangéliques, à savoir François d’Assise et Charles de Foucauld, sous l’angle d’approche de leur choix de vivre dans la pauvreté matérielle pour en voir la fécondité mais aussi les limites. Comme le dit l’apôtre Paul : « Examinez toutes choses : retenez ce qui est bon » (1 Th 5,21) ! Ce qu’il faut entre autres retenir, c’est que si nous cherchons des exemples de bonne gestion des biens, ce n’est pas vers François et Charles qu’il faut se tourner, mais que si nous désirons être encouragés dans notre simplicité de vie et dans notre générosité, alors ces deux figures ont à nous apprendre
Notes
- 1Xavier Emmanuelli et Michel Feuillet, Célébration de la pauvreté, regards sur François d’Assise, Paris, Albin Michel, 2000, p. 12. ↩︎
- 2François d’Assise, La joie parfaite, Textes choisis et présentés par Stéphane Barsacq, Paris, Points, 2008, p. 20. ↩︎
- 3Pour une biographie, certes hagiographique, voir : Mgr Jean-Claude Boulanger, L’Évangile dans le sable. La spiritualité de Charles de Foucauld, Paris, Artège Poche, 2020. ↩︎
- 4Michel Lafon, Prier 15 jours avec Charles de Foucauld, Paris, Nouvelle Cité, 2016, p. 16. ↩︎
- 5On peut néanmoins ici s’interroger sur la réalité du degré de pauvreté du Christ. ↩︎
- 6Craig Bloomberg, Ne me donne ni pauvreté ni richesse, Charols, Excelsis, 2001, pp. 108-109. ↩︎
- 7Écrits pour les sœurs de sainte-Claire, dans Saint François d’Assise, La simplicité de cœur, Choix de textes établis et présenté par Philippe Faure, Paris, Pocket, 2009, p. 134. ↩︎
- 8Saint François d’Assise, Œuvres, traduites par Alexandre Masseron, Paris, Albin Michel, 2021, p. 53. Italiques dans le texte. ↩︎
- 9Pour Charles, la déclaration d’amour du Christ est le don de sa vie à la croix. ↩︎
- 10Prier 15 jours avec Charles de Foucauld, op. cit., p. 30. ↩︎
- 11Prier 15 jours avec Charles de Foucauld, op. cit., p. 31. ↩︎
- 12Charles de Foucauld, Écrits spirituels, Paris, Éditions Blanche de Peuterey, 2022, p. 108. ↩︎
- 13Charles de Foucauld, Lettres et Carnets, Paris, Seuil, 1966, p. 36. ↩︎
- 14Prier 15 jours avec Charles de Foucauld, op. cit., p. 43. ↩︎
- 15Charles de Foucauld, Écrits spirituels, op. cit., p. 66. ↩︎
- 16Ibid., pp. 107-108. ↩︎
- 17Prier 15 jours avec Charles de Foucauld, op. cit., p. 39. ↩︎
- 18Charles de Foucauld, Aux plus petits de mes frères, Rome/Paris, Citta Nuova Éditrice/Nouvelle Cité, 1973, p. 80. ↩︎
- 19Charles de Foucauld, Écrits spirituels, op. cit., pp. 108-109. ↩︎
- 20Saint François d’Assise, La simplicité de cœur, Choix de textes établis et présenté par Philippe Faure, Paris, Pocket, 2009, p. 190 : « Dame sainte Pauvreté, que le Seigneur te garde, avec ta sœur sainte Humilité ». ↩︎
- 21Thaddée Matura, Prier 15 jours avec François d’Assise, Paris, Nouvelle Cité, 2009, pp. 28-29 ↩︎
- 22Éloi Leclerc, Sagesse d’un pauvre, Paris, Desclée de Brouwer, 1991, p. 89. ↩︎
- 23Prier 15 jours avec François d’Assise, op. cit., p. 40 : François écrit exactement : « Vous êtes tous frères ; et n’appelez père personne sur terre, car unique est votre Père, qui est aux cieux. Et ne vous faites pas appeler maîtres, car unique est votre maître, qui est aux cieux (Mt 23,8-10) », cité dans ibid., p. 39. ↩︎
- 24Charles de Foucauld, Écrits spirituels, op. cit., pp. 110-111. ↩︎
- 25Ibid., p. 143. ↩︎
- 26Ibid., p. 110. ↩︎
- 27Éloi Leclerc, Sagesse d’un pauvre, op. cit., p. 41. ↩︎
- 28Xavier Emmanuelli et Michel Feuillet, Célébration de la pauvreté, op. cit., p. 24. ↩︎
- 29Éloi Leclerc, Sagesse d’un pauvre, op. cit., p. 27. ↩︎
- 30Xavier Emmanuelli et Michel Feuillet, Célébration de la pauvreté, op. cit., p. 19. ↩︎
- 31Charles de Foucauld, Écrits spirituels, op. cit., p. 107. Notre italique. ↩︎
- 32Ibid., pp.109-110. ↩︎
- 33Célébration de la pauvreté, op. cit., p. 9. ↩︎